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Milieu du jour
Philippe Picquier
Zulma

La première vision de Varat en arrivant la baie de Tchémoulpo :
« C’est une des plus belles que j’aie vue de ma vie. Des montagnes pittoresquement dentelées s’élèvent partout sur la côte et sur les îles qui forment le port ; elles l’abritent de la façon la plus complète et la plus charmante dans un véritable nid de verdure qu’illuminent en ce moment les premiers rayons du soleil levant » (p.30)
Ses premières impressions sur un peuple qu’il ne connaît pas encore sont nuancées ; il est subjugué par la grâce des traits de visage des jeunes gens mais l’apparence peu soignée des femmes le laisse perplexe : « Elles sont fort laides et disgracieuse » et leurs vêtements leur donnent « l’air plutôt empaquetées qu’habillées ».
Il arrive à Séoul le 10 octobre 1888. Il rencontre Collin de Plancy (1853-1922), premier diplomate français en poste à Séoul, lequel lui permet d’obtenir une lettre officielle de recommandation (Kunja) du Ministre des affaires étrangères qui en plus de lui ouvrir un crédit auprès du Trésor Royal lui permettra d’être reçu avec les plus grands honneurs par les autorités des villes qu’il traversa pendant son voyage.
Au cours de son périple, il se forge une opinion très favorable « Plus j’avance dans le pays, plus je me prends à aimer ce peuple si courageux, si industrieux, si honnête et en même temps doué de toutes les vertues familiales ». Cette opinion diverge étonnement de celle du journaliste et romancier Jack London comme en atteste cette phrase prise dans La Corée en Feu écrit quelques années plus tard (1904), « Il (le coréen) est certainement de toutes les créatures humaines, la plus inefficace, absolument dépourvu d’initiative et de volonté ».
A propos du mat de lettré et du développement du pays, Varat exprime toute sa confiance en des termes élogieux et prophetiques : « Ceci montre en quelle haute estime l’instruction est tenue en Corée, ou presque tout le monde sait écrire, et quels rapides progrès fera ce peuple lorsqu’il sera au courant de nos sciences européennes ». (Varat, page 124). « Il me semble qu’avant peu nous verrons que les Coréens ne le cèdent en rien à leur voisin dans la voie du progrès. En effet, si des Japonais, dont ils ont été les instructeurs, les surpassent aujourd’hui au point de vue de l’industrie et des arts, les Coréens les rattraperont bientôt pour les dépasser, grâce à leur supériorité morale. Elle est attestée chez eux par leur admirable organisation de la famille, leur solidarité, leur énergie au trvail, enfin les étonnants progrès qu’ils ont faits en quelques années, comme le prouve le télégraphe, dont les lignes civilisatrices s’étendront bientôt sur toute la Corée » (Varat, page 164).
II- La Corée ou Tchosen
Charles Chaillé-Long
1894
Résumé
L’auteur en poste à Seoul rencontre le 27e souverain de la dynastie Yi, sa majesté Yi-Hi. Il raconte le fond historique de la Corée, l’organisation du pouvoir et les rites pompeux qui entourent le souverain. Il caractérise les femmes coréenne de laides et parle de la nourriture en ces termes « La nourriture coréenne est loin d’être appétissante, et ne plaira jamais à un palais raffiné ; il suffit de mentionner le poisson, qui est préféré à un état presque putride, et le Kimtchie [Kimch’i], espèce de choucroute pourrie dont l’odeur est insupportable : deux plats qui indiquent la cuisine du pays ».
Ensuite il décide de visiter l’île de Jeju qui plus encore que la péninsule est repliée sur elle-même et ne reçoit de visite d’aucun étranger. Ce séjour sera bref mais riche en enseignements.
Extrait