La Route de Sampo

Home>Culture coréenne>Livres>La Route de Sampo

La Route de Sampo

Présentation du recueil de nouvelles
Ce recueil regroupe quatre nouvelles de Hwang Sok-Yong, toutes écrites au début des années 70. Le style narratif familier sinon cru des récits privilégie la description objective. Pour rappel, l’auteur est déjà auréolé du succès de Monsieur Han (1970) qui conte ses souvenirs d’une vie brisée par la division du pays.

Herbes folles – 1973
Un homme se souvient de son enfance auprès de Tægum, la jeune fille qui s’occupait de lui. Ce récit autobiographique prend place à l’aube de la guerre de Corée, dans un quartier ouvrier en prise aux répressions policières et aux luttes fratricides. Leur relation ne resistera pas aux évènements dramatiques…

Extrait :

"Taegum, dans le couloir, attendait la fin de la classe. Elle s’était maquillée et portait un tailleur de ma mère avec des chaussettes roses. Elle était, à mes yeux, beaucoup plus jolie que ma maîtresse. Elle avait trouvé une autre place et allait bientôt nous quitter. Quand nous sommes sortis, il y avait là le grand frère du boiteux. C’était quelqu’un que je n’aimais pas, je le craignais sans trop savoir pourquoi. Il s’est approché de nous, il avait l’air encore plus sombre que d’habitude. Quand ils m’ont pris la main, chacun d’un côté, j’ai tenté de me réfugier dans les jupes de Taegum, mais lui a serré ma main en m’adressant un sourire. Il m’a ensuite soulevé d’un coup pour m’éviter de patauger dans un flaque. Il disait à Taegum qu’il voulait quitter la maison; elle, elle le suppliait de n’en rien faire. En voyant Taegum au bord des larmes, sans vraiment comprendre ce qui se passait, je sentais monter en moi de la haine pour cet homme."

Oeil de biche – 1972
Oeil de biche nous compte l’histoire assez peu connue du mal-être de ces soldats coréens partis se battre au Vietnam.
De retour par bateau du Vietnam, un lieutenant neurasthénique compte profiter malgré son faible état de sa première soirée en Corée pour sortir en ville. Au fil des rencontres et des verres d’alcool ingurgités, sa lucidité s’évanouit et ses démons l’envahissent…

Extrait:

"Occupé à retirer avec mes baguettes un insecte qui flottait à la surface de mon verre, je ne prêtais qu’une oreille distraite à ce que racontait mon compagnon. Il parlait de son village natal, de ses hauts faits, de tel général qui s’était ni plus ni moins approprié un magasin militaire, du marché noir, des incendies qui dévoraient les herbes et les arbres, de tous ces pauvres gens là-bas, d’une lettre annonçant qu’un ami était tombé, et de bien d’autres choses… Je ne l’entendais que par intermittence, l’alcool me montait à la tête; d’abord, je me suis presque senti bien, mais un flot d’amertume et de honte s’est progressivement emparé de moi et m’a totalement submergé."

Les ambitions d’un champion de Ssireum – 1974
Un champion de lutte traditionnelle monte en ville en quête de gloire. Rapidement confronté à la réalité, il déchante et doit accepter toute sorte de petits boulots allant jusqu’à vendre son corps. La perte de repère et la mutation éffreinée de la société coréenne sont au coeur de ce récit.

Extrait:

"Tout excité et tremblant, je me suis déshabillé tandis qu’elle arrangeait notre nid. Lorsqu’elle m’a vu devant elle nu comme un ver, elle m’a chuchoté – elle voulait sûrement faire taire sa timidité, se montrer un peu audacieuse :
– J’ai fait un bon choix…
-Ma foi voui, je crois que vous avez de la chance.
Quand elle s’est relevée, elle m’a tendu une enveloppe. Moi j’étais resté couché sur l’herbe, toujours aussi nu. Je fumais une cigarette.
– Je vais à la source. Ne sortez pas tout de suite. On se revoit demain matin ?
"

La route de Sampo – 1973
Cette nouvelle, l’une des plus populaires de l’auteur, témoigne du bouleversement de l’industrialisation à outrance du pays. L’écriture témoigne d’une esthétique réaliste et le ton adopté privilégie la description objective. Deux paysans, qui se sont fait ouvriers journaliers sur les chantiers, se lient d’amitié. Ensemble ils parcourent les chemins de campagne enneigés en direction de l’île de Sampo…

Extrait:

"Du côté du bois, quelqu’un approchait à travers champs. Le soleil commençait à monter dans le ciel. Dans les endroits que n’atteignaient pas ses rayons, à la lisière du bois ou du versant nord des collines, le sol restait dur et craquait sous les pas, tandis que dans les parties exposées, la terre rouge déjà ramollissait. L’homme avançait dans le chemin boueux. A chaque pas, il laissait derrière lui une petite motte de terre ocre qui se détachait de ses brodequins. Yongdal était resté planté au milieu de la route, cigarette aux lèvres."

 

[two_fifth last= »no » spacing= »yes » background_color= » » background_image= » » background_repeat= »no-repeat » background_position= »left top » border_size= »0px » border_color= » » border_style= » » padding= » » class= » » id= » »]

Couverture du livre La route de Sampo

Couverture du livre La route de Sampo

[/two_fifth][three_fifth last= »yes » spacing= »yes » background_color= » » background_image= » » background_repeat= »no-repeat » background_position= »left top » border_size= »0px » border_color= » » border_style= » » padding= » » class= » » id= » »]La Route de Sampo
Auteur : Hwang Sok-Yong
Editeur : Zulma
Année : 2002
Genre : Roman
Langue : Français
141 pages [/three_fifth]

By |février 21st, 2015|Categories: Culture coréenne, Livres|0 Comments

About the Author:

Leave A Comment