histoire de la Coree

Koryô 고려

Wang Kôn Taejo (918-943) fonde en 918 le socle de la dynastie Koryo qui s'affirma totalement en 935 avec la destruction de l'État de Baekje Postérieur et la soumission du dernier roi de Silla. T'aejo choisit pour son royaume le nom de Koryô, forme abrégée de Koguryô, pour montrer à la population que la nouvelle dynastie était la continuatrice du premier en date des Trois Royaumes et ainsi affirmer sa légitimité en tant qu'héritier politique.

P'yongyang fut promu au rang de capitale de l'ouest. Ce voeux ne correspondait pas seulement à son désir d'expansion vers le nord, mais reflétait aussi ses croyances en la géomancie qui lui faisait penser que la localisation de cette ville lui conférait "dix mille ans de prospérité". Dans le domaine politique, Taejo détruisit définitivement le système des os qui avait été l'épine dorsale de la dynastie de Silla. Il traita cependant avec beaucoup de générosité la noblesse de Silla afin d'être considéré comme leur digne successeur. Après avoir éliminé Kongye et fondé la dynastie de Koryô en 918, Taejo fixa sa capitale à Songak (actuelle Kaesong) qui était son pays natal, afin de s'assurer du soutien de la population locale. Les craintes de Taejo concernant la fragilité du pouvoir royal étaient fondées. Deux ans après sa mort, éclata la révolte de Wang Kyu qui compliqua la succession.

Kwangjong et les réformes

Il fallut attendre attendre les réformes de ses successeurs, le roi Kwangjong (949-975) puis celles de Sôngjong (982-997) pour voir l'autorité royale s'affermir. Kwangjong fut le premier monarque à donner corps à l'autorité royale et créer un véritable gouvernement central. Il y parvint grâce à deux mesures : l'affranchissement des esclaves (956) a pour effet d'affaiblir la noblesse qui doit se défaire de sa main d'oeuvre et permet par la même occasion au royaume d'étendre ses revenus en taxant ces nouveaux contributeurs; la création du système des examens des fonctionnaires aboutit à l'éloignement des opposants les plus ambitieux et au renouvellement des dirigeants administratifs du pays. Ce système permet l'apparition d'une nouvelle classe au sein de la société de Koryô, les lettrés confucéens. Le règne de Sôngjong est caractérisé par la consolidation du pouvoir. Il s'appuya beaucoup sur le clan des lettrés confucianistes dont le chef de file était Ch'oe Sûng-no (927-989). On peut dire que Sôngjong a été le plus confucianiste des souverains de la dynastie Koryô et un partisan convaincu de la sinisation à outrance de la Corée.

Economie et commerce sous Koryô

Ce fut une économie essentiellement agricole, avec un système foncier inspiré de celui des Tang et de la dynastie de Silla et le principe de base était que l'Etat était le seul propriétaire de la terre qu'il pouvait céder temporairement à des particuliers mais qui lui revenait à leur mort. Les terres des Sujets Emérites et des temples étaient des propriétés privées et, de ce fait héréditaires. Il en était de même pour celles des fonctionnaires des cinq rangs les plus élevés. Elles pouvaient se vendre ou s'acheter. Quant aux terres des militaires et de l'élite provinciale, elles devinrent de facto des propriétés privées héréditaires car, dans la majorité des cas, c'était le fils qui reprenait le titre et la charge de son père.

Cet accroissement des propriétés privées réduisit progressivement les revenus du gouvernement central et menacèrent l'économie du pays. Cette réduction affaiblit le gouvernement central et finit par provoquer son déclin à partir de la seconde moitié du XIème siècle.

Au début de la dynastie de Koryô, la monnaie de métal était toujours inconnue. Lors des échanges on utilisait le tissu, les céréales ou de petits lingo d'argent. C'est seulement en 996, sous le roi Sôngjong, que les premières pièces de monnaie furent frappées, mais elles ne devinrent jamais d'un usage courant.

Le commerce extérieur connut une forte expension par rapport à Silla, tant par la variété des marchandises proposées que par le nombre des partenaires commerciaux. Il ne faut pas oublier cependant qu'il s'agissait d'un commerce d'Etat qui prenait la forme d'un tribut que l'Etat vassal payait à l'Etat suzerain. C'est ainsi que Koryô payait le tribut à la dynastie chinoise des Song mais en recevait un des Khitan, des Djurtchet et du Japon. Koryô exportait en Chine de l'orfèvrerie, de l'argenterie, des tissus, du papier, etc.

L'Art et les Céladons de Koryô

Les céladons sont le plus bel exemple de l'art de Koryô. Leur origine se trouve dans la céramique des Song, mais ils la dépassèrent largement et même les Chinois sont d'accord sur ce point. Personne n'a encore pu égaler la couleur vert jade des céladons de Koryô. Au début, les motifs ornementaux des céladons étaient gravés ou rapportés en relief, mais par la suite ils furent marquetés, ce qui est une caractéristique essentielle de l'art de Koryô; La beauté des céladons de Koryô réside dans l'harmonie entre la forme, la couleur et le motif de l'objet d'art.

Naissance de l'imprimerie

Pendant la dynastie de Koryô, la publication de textes bouddhiques représenta la plus grande partie de l'édition. Ceci n'a rien d'étonnant puisque le bouddhisme, religion d'Etat, était à son apogée. Dès 946, l'État avait créé un fonds pour promouvoir et populariser les écritures bouddhiques. Chaque temple important se devait d'avoir son atelier de gravure. Le premier livre imprimé au monde est coréen, il s'agit d'un traité bouddhique intitulé Pulcho Chikchi Simche Yojol. Il a été édité par le moine Kyonghan (1298-1375), l'un des trois grands maîtres de la secte Son, et imprimé en 1377 avec des caractères métalliques mobiles dans les environs de Séoul au temple Hungok-sa. Le premier volume de l'édition originale est aujourd'hui perdu. Le second volume est conservé à la bibliothèque national de France. Il a été acquit en 1890 par Victor Collin de Plancy alors en poste à Séoul puis par le bibliophile Henri Vever à Paris en 1911.