Guerre de Coree - Nord de la riviere Imjin, 1951
histoire de la Coree

La Guerre de Corée

Fin de l'Empire japonais

Le 6 août, les américains lancent la première bombe atomique sur la ville d'Hiroshima. Le 8 août 1945 la Russie poussée par les USA entre en guerre contre le Japon et pénètre en Corée par le nord. Les troupes russes s'arrêtent au niveau du 38e parallèle comme convenu avec leurs alliés américains qui occupent la partie sud de la péninsule. Les deux puissances établissent leurs bases arrière de part et d'autre de cette ligne de démarcation imaginaire qui coupe la Corée en deux parts égales. Selon l'historien militaire Clay Blair "un colonel du Pentagone contempla une carte scolaire pendant une petite demi-heure, et, avec un complet dédain pour la topographie, pour les lignes commerciales ou de communication, pour les limites des institutions politiques ou juridiques locales ainsi que pour celles des propriétés foncières, proposa de trancher le pays en deux à hauteur du 38éme parallèle". Ce choix répondait avant tout à des besoins logistiques et doit faciliter la guerre menée contre le Japon.
Le 10 août 1945, au lendemain de la seconde bombe atomique lancée sur Nagasaki, le Japon rend les armes. La défaite est officialisée le 2 septembre à bord du navire de guerre USS Missouri dans la baie de Tokyo. Si le joug colonial japonais vol en éclat, cela ne veut pas pour autant dire que la Corée en a finit avec la domination étrangère.

Mise sous tutelle de la Corée

Gouvernement provisoire de Corée, 1945Ainsi le rôle premier des forces alliées positionnées en Corée est de stabiliser la région. Le général John R. Hodge débarque le 8 septembre à la tête des troupes d'occupation américaine au port d'Inchon situé près de Séoul. Dans la précipitation, les coréens tentent de s'organiser. Sans attendre le retour du gouvernement provisoire coréen présidé par Kim Ku, temporairement retirée à Shangaï (Zhongjing), le Comité pour la préparation de l’indépendance de la Corée est organisé. Alors qu’une majorité communiste se dessine au sein du comité, An Chae-Hông quitte l’organisation et fonde la République populaire de Corée (Chosôn Inmin Konghwaguk). Le commandement militaire américain ne souhaite pas s’embarrasser des premières dissensions politiques et instaure arbitrairement un gouvernement militaire américain. Au nord, le climat politique se détériore également. Sous l’impulsion de la Russie, le Comité populaire provisoire, dirigé par Cho Mansik est remplacé par le Comité populaire de Corée du Nord avec à sa tête Kim Il-Sông. Les opposants n’ont d’autre solution que de les rallier ou passer au sud.

La conférence de Moscou décide de la mise sous tutelle de la Corée pour une période pouvant aller jusqu’à cinq ans. Décision prise probablement dans la crainte que le pays ne décide de rejoindre l'un ou l'autre camps. Après les échecs consécutifs d’une commission américano-soviétique visant à mettre en place un gouvernement, la question coréenne est portée devant l’ONU mais la supervision d’élection générale en Corée est annulée, la Russie s'y opposant. L'ONU se contentera d'organiser les premières élections de l'histoire du pays dans le sud. Elles ont lieu le 10 mai 1948. Le candidat Yi Sûng-man, soutenu par les américains, devient le premier président de la République de Corée du Sud le 20 juillet. La création de la Corée du Sud est officiellement proclamée le 15 août. Pourtant, le nord tourne le dos à la démocratie qui s'installe chez son voisin. L'autorité russe renforce les troupes Nord coréennes et nomme Kim Il-Sông à la tête d'une dictature communiste. Le 9 septembre ce dernier proclame la création de la République démocratique populaire de Corée. Le 30 juin 1949, l'armée américaine quitte la péninsule et laisse derrière elle quelques conseillers pour organiser l'armée de défense de la Corée du Sud.

Une guerre idéologique

Le 10 mai 1950, le ministre de la défense coréen Sihn Sung Mo informe le public d'un "danger imminent d'invasion du nord", après que des mouvements de troupes aient été observé aux abords du 38e parallèle. L' Armée du peuple de Corée du nord franchit la frontière le 25 juin à 4h30 du matin. Les rapports de force sont inégaux et Séoul tombe le 27 juin soit deux mois à peine après le début des hostilités. Les Nations Unies réagissent et votent pour l'envoie de contingents militaires. Après avoir réévalué l'intérêt stratégique de la péninsule dans les rapports de force entre communistes et capitalistes, les américains sont les premiers à arriver. Le général Douglas Mac Arthur, commandant en chef des forces Armées américaines d'Extrême-Orient engage la 24ème Division d'Infanterie jusque-là basée à Tokyo. Le 31 août, les forces alliées se retrouvent acculées dans le sud est de la péninsule près de la ville de Busan. Les quelques 10 000 missions de bombardements effectuées par les américains depuis le début de la guerre portent leur fruit : les lignes ennemies sont désorganisées et les alliés peuvent enfin reprendre le dessus. Le 15 septembre, le général Mac Arthur lance une ambitieuse opération amphibie de débarquement depuis Inchon, le port de Séoul. La capitale est libérée le 27 septembre.

Jeune coreenne avec son frere passant devant un tank M-26, 1945Cette rapide reconquête du territoire engage les alliés à poursuivre leur offensive vers le nord, à la poursuite d'une armée nord coréenne en pleine débâcle laissant derrière elle plus de 100.000 prisonniers. Ainsi le 30 septembre les alliés franchissent le 38e parallèle sans tenir compte des avertissements de la Chine. Le 2 octobre, Mao Tse Tung envoie un télégramme à Staline lui signalant l'entrée imminente de la Chine dans le conflit. Le 9 octobre la ville de Pyôngyang est prise par les forces alliées. Elles parviennent jusqu'au fleuve Yalou, la frontière nord de la Corée le 26 octobre. La fin de la guerre semble proche et les américains pensent avoir réussit à éradiquer le communisme de la péninsule. Cependant la Chine ne le voit pas de cet oeil. Elle entre en guerre fin octobre et va peser lourd sur la suite des évènements. Les forces chinoises communistes reprennent P'yôngyang le 9 décembre puis Séoul le 4 janvier 1951 avant de franchir le 38e parallèle. Les alliés parviennent à inverser une nouvelle fois la situation sous le commandement du général Ridgway et les forces communistes sont déboutées de Séoul le 14 mars. Eprouvées par cette guerre, les forces de l'ONU appliquent désormais la tactique du "front élastique" le long du 38e parallèle. Les deux parties n'entendent plus céder du terrain et les offensives se poursuivent pendant de longs mois. Voyant la guerre s'enliser dans des guerres de tranchées, le représentant soviétique aux Nations Unies, Jakob Malik, propose l'ouverture de pourparlers en vue de l'arrêt du conflit. Les premières négociations débutent à Kaesong le 7 juillet 1951. Aucune solution politique satisfaisante n'est trouvée. L'élection de Dwight D. Eisenhower à la tête des USA relance les négociations. Finalement, l'armistice est signée le 27 juillet 1953 à Panmunjôm.

La guerre de Corée aura durée 3 ans et coûtée la vie à deux millions de soldats Nord-coréens et Chinois et plus de 600 000 soldats se battant sous la bannière onusienne. La péninsule a été le point d'ancrage d'un conflit idéologique qui la dépassait largement. Aujourd'hui, alors que la guerre froide n'est plus qu'un mauvais souvenir pour tous, la Corée en garde encore tous les stigmates et rien n'est résolu. Pendant les trois ans qu'ont duré la guerre le spectre de la bombe atomique a plané. Finalement, le pire a peut-être été évité.

photos - http://www.army.mil/