histoire de la Coree

Goguryeo, Baekje et Silla

Au début de notre ère, différentes tribus de la péninsule s'agrandissent grâce à des techniques le plus souvent inspirées des chinois. L'expansion des Trois Royaumes, qui s'est faite au fil des siècles et des conquêtes, va les pousser inexorablement s'affronter pour la prédominance dans la péninsule. C'est dans ce contexte que se formèrent les Trois Royaumes, Goguryeo au nord, Baekje au sud-ouest et Silla au sud-est.

Les Trois Royaumes

Royaume de Goguryeo Royaume de Baekje Royaume de Silla

La ligue de Kaya

De cette période, l'histoire retient communément les royaumes de Goguryeo, Baekje et Silla. De récentes découvertes archéologiques permettent pourtant aujourd'hui d'avancer que d'autres Etats ont joué un rôle influent dans le développement de la péninsule. C'est ainsi que le rôle de Kaya a été réévalué.

poterie de Kaya La ligue de Kaya est une confédération de cités-états établie il y a plus de deux mille ans dans l'extrême sud de la péninsule, sur la rive ouest du fleuve Nakdong. Entourée par les royaumes de Baekje à l’ouest et Silla à l’Est. Kaya était une société avancée et les découvertes archéologiques démontrent son dynamisme culturel et commercial. Pour des raisons politiques et stratégiques, Kaya ne pouvait pas nouer de liens commerciaux avec ses deux plus proches voisins. Elle du se tourner vers les commanderies chinoises de Lolang et Daifang à l'est et au nord avec les tribus des Ye. Des découvertes récentes permettent d’établir également l’existence d'un commerce avec le Japon, comme l’indique la présence a la fois en Corée et au Japon de dagues à la forme déviée et des miroirs d’imitations japonais. La prospérité maritime de Kaya attestée dans un livre chinois, le Sanquo-chi (histoires des trois royaumes) s’explique par le développement de la production de fer, considérée comme la plus importante ressource naturelle et commerciale de Kaya lu a permis de devenir un grand royaume. Certains objets en fer déformés avec des motifs en spiral sont les plus anciens découverts dans la péninsule.

La dévaluation du fer et la baisse des commandes passées par ses voisins furent les facteurs aggravants de la chute de la confédération qui disparaît en 562.    

Religions des trois Royaumes

Goguryeo fut le premier des Trois Royaumes à adopter le bouddhisme en 372, introduit par le moine Sundo des Qin (Ts’in). Il apporte des images de bouddha, des livres sacrés et des bonzes. Trois ans plus tard le temple Chomun-sa est construit. En 387, le bouddhisme pénètre par Goguryeo dans Baekje par le biais du moine Malananda. Silla ne l’adopte qu’en 535, presque deux cents ans après Goguryeo et Baekje. A l’époque des Trois Royaumes, le bouddhisme se vit confier très rapidement le rôle de protecteur de la nation; il contribua également à répandre l’usage de l’écriture, ce qui constitua un élément supplémentaire d’unité nationale et donc a rapprocher les royaumes les uns des autres. C’est à cette période que remonte les premiers écrits en Corée.

Le Confucianisme, fondé au VIe siècle av. J.-C. par Confucius, est introduit au début de l'ère chrétienne bien qu'aucune date précise ne puisse être donnée. A Goguryeo, l'université d'Etat Taehak-Gam est créée en 372 tandis que des académies privées (appelées Kyongdang) apparaissent en province. On y inculque à la jeunesse aristocratique les classiques du confucianisme, la littérature chinoise, la médecine et les arts martiaux (le Subak). Le peuple coréen a été séduit par le confucianisme, religion plus noble, plus riche et structurée que leur animisme primitif. Il permis aux classes dirigeantes d’améliorer la morale populaire et par là le respect du pouvoir.

Avant le bouddhisme et le confucianisme existait en Corée une religion où plutôt une croyance populaire diffuse apparentée au chamanisme. Selon cette croyance, l’univers est rempli d’esprits. Tous ces esprits sont sous la dépendance d’un esprit créateur du monde nommé Haneunim, le seigneur Céleste. Seuls les principaux esprits se distingues des autres par un nom ou un rang.

En accord avec cette idée, les Trois Royaumes enterraient leurs morts avec des plumes d’oiseau pour qu’ils puissent s’envoler vers le paradis. La représentation d’animaux totémiques (ours, tigre comme le rappel la légende de Tangun) était courante.

Chaque village avait ses esprits protecteurs. Ceux-ci sont généralement deux poteaux de bois ou de pierre dont l’extrémité supérieure a été sculptée en forme de visage grimaçant. Ils sont censés protéger les voyageurs et repousser les maladies et autres mauvais esprits. Les maisons elles-mêmes ont leurs esprits bienfaiteurs. On peut cité le plus important, Syang Iyang Sin - maîtresse poutre du toit - dont dépend le bonheur de la maison. Il se présente sous la forme d’un morceau de papier comportant 3 go de riz. Il existe d’autres esprits comme le “maître des fondations”, “l’Esprit gardien de la porte”...
Si les villages regorgent d’esprits, les bois, les montagnes et la nature dans sa globalité ne sont pas en reste. La vie est ainsi remplie de signes favorables ou périlleux, de croyances ou de superstitions. Les Tokebi sont les esprits des trépassés, noyés, qui sont redoutables.

Il n’existe plus aujourd'hui de culte organisé mais les chamanes jouaient un rôle important et ce jusqu’à l’avènement de la dernière dynastie Choeson. On notera simplement que l’influence de ces croyances perdure et on trouve aujourd’hui encore des devins exorciseurs (Paksu ou Hoarang-i), auquel on prête le pouvoir de commander aux esprits.