La Corée, du Paléolithique à l’âge de fer

Le Paléolithique

L’archéologie a permis de découvrir les traces d’une occupation continue de la péninsule au début du Paléolithique. Cette période qui désigne l’âge de la pierre taillée, comporte trois principales subdivisions. Le paléolithique inférieur (4,5 millions av. J.C. à 100 000 av. J.C), le paléolithique moyen (100 000 av. J.C à 40 000 av. J.C.) et le paléolithique supérieur (40 000 av. J.C. à 10 000 av. J.C.).

Les plus anciens vestiges de la Préhistoire de la Corée datent d’environ 500 000 ans. On a retrouvé une vingtaine de sites occupés à cette époque comme en témoignent les grottes de Kŏmùn moru à Sangwŏn et Kùm à Tanyang. À cette époque l’homme mène une vie nomade en quête de nourriture. Il vit de pêche, de chasse et de cueillette et utilise des outils en pierre – réalisés par percussion – , en bois ou en os. Au Paléolithique moyen, les outils répondent à une spécialisation accrue des métiers et deviennent à usage unique. En plus de certaines similitudes cultuelles, une récente découverte archéologique permet d’affirmer que la population du Paléolithique supérieur appartient au groupe mongoloïde. La population est organisée selon un ordre clanique, égalitaire et sans classe.

L’art du paléolithique coréen se caractérise par la fabrication de statuettes à tête humaine et d’ animaux comme le cheval, le bœuf, le poisson et l’oiseau. On a retrouvé également des peintures rupestres représentant des animaux sauvages.

Vers 10 000 av. J.-C., les Paléoasiatiques venant de Sibérie commencent à migrer vers le Sud, pénètrent en Corée et assimilent les populations autochtones. Ils sont à l’origine du Néolithique coréen.


Le Néolithique

Le néolithique coréen débute vers 5 000 ans av. J.-C. Les vestiges qui nous sont parvenus sont relativement nombreux et concentrés le long des quatre grands fleuves de la péninsule. Ils se trouvent principalement dans le Nord-est à Seopohang, à l’Est à Osanni, sur les rivages du fleuve Han, et dans le Nord-ouest à Kungsan et Namkyoung. Cette période se caractérise par la sédentarisation progressive de la population et par l’apparition de la céramique. A côté de la pêche, de la cueillette et de la chasse se développent l’agriculture et la domestication d’animaux. La découverte de pollen de riz daté de 1 500 à 2 000 av. J.-C. dans la région de Naju démontre que la riziculture était déjà appliquée. L’agriculture bouleverse l’organisation sociale, les sociétés claniques deviennent tribales et dépassent désormais les liens du sang. L’habitat caractéristique est la maison enfouie à demie sous terre mais l’occupation de cavernes est toujours attestée comme l’indique l’examen du site de Chunchon.

La céramique du néolithique connaît trois périodes majeures reflétant les transitions dans la culture dominante et le déplacement des populations. Les traditions culturelles sont largement comparables à celles des peuples qui s’installèrent en Mongolie, en Mandchourie et sur l’île d’Hokkaïdo à la même époque comme l’atteste le style de leur poterie décorée dite à « motifs peignés », dotées de séries de lignes parallèles sur leur surface. La poterie la plus ancienne a été retrouvée dans le site archéologique d’Ansadong (banlieue de Séoul); elle aurait 4 300 ans. Le décor est fait d’incisions et d’impressions de courtes lignes parallèles recouvrant toute la surface du vase.


L’Age du bronze
L’usage du bronze remonte à 700 ou 600 av. J.-C
. et correspond au début de la production de la poterie sans motif. Ces deux faits marquent en fait l’arrivée d’une nouvelle ethnie dans le Nord de la péninsule, les Yemaek, peuple venu de Mandchourie. Ce sont eux qui apportent la technique du bronze. Bien que leur technique soit de tradition sibérienne, on y perçoit une influence chinoise. Ils s’intègrent à la population locale et sont probablement les ancêtres des coréens actuels.

L’agriculture se modernise grâce à l’utilisation d’outils en bronze. Elle permet à de nouvelles classes d’apparaître comme les artisans, l’aristocratie guerrière et au sommet de cette nouvelle hiérarchie, les premiers chefs politiques, les Kunjang. L’habitat n’a guère évolué depuis le néolithique. Les huttes de forme circulaire à demi enfouies sous terre ont une surface moyenne de 20 m² avec un chauffage par le sol; la toiture est soutenue par des piliers en bois. Les fouilles réalisées près de Hogok dans la région de Kyongsangnam-Do ont révélé qu’un village était constitué d’une dizaine d’habitats soit un peu moins de cinquante personnes. Le site archéologique de Songguk-ri, situé dans la province de Chungchông du Sud a révélé le plus grand site d’ habitation de l’âge de bronze découvert à ce jour en Corée avec 33 demeures. Ce site est la principale source d’information sur le mode de vie d’alors.

De nombreux Dolmens – près de 30 000 – ont été découverts en Corée. Cette tradition mégalithique mortuaire semble avoir été transmise depuis l’Europe à la Corée par un circuit contournant la Chine par le nord puisque qu’elle était inconnue de celle-ci. La poterie de l’âge du bronze est caractérisée par l’absence de motif décoratif et par ses couleurs, brune, rouge ou noir. Elle est transmise à la Corée depuis les bassins des fleuves Yalou et Toumen situés respectivement au nord et au nord-ouest de la péninsule. On a également découvert un certain nombre d’objets cultuels comme des dagues et des clochettes qui témoignent d’une activité religieuse importante apparentée au chamanisme.


L’Age du fer

L’âge de fer coréen peut être divisé en deux périodes distinctes : l’âge de fer ancien (IIIe siècle av. J.C.) et l’âge de fer récent (début de notre ère au IIe siècle ap. J.C.) appelé aussi Proto Trois Royaumes.

C’est la Chine qui introduit les premiers objets en fer dans la péninsule. Le fer se propage le long des rives de la Toumen. Pour la première fois, la Corée est mentionnée dans l’histoire. Une chronique chinoise mentionne le pays de Chaoxian situé dans la Mandchourie du sud, Joseon en Coréen soit Le matin frais, qui avec une erreur de traduction a donné Le matin calme.

D’abord importé de la Chine, le fer sera par la suite produit en quantité importante dans l’ensemble des régions de la péninsule. C’est au cours de cette période que de puissants clans se forment. L’usage du fer n’est pas exclusivement réservé aux forces militaires et permet à l’agriculture de se développer.
Le sud de la péninsule développe d’importants échanges avec le Japon qui découvre à son tour le fer.

La poterie en grès, dite poterie grise est introduite en même temps que les premiers objets en fer. Son usage se développe alors que la production agricole est révolutionnée par l’usage d’outils en fer performants. Elle symbolise l’avènement de la sédentarisation de la population coréenne.