Dynastie Joseon (조선)

[fusion_text]Le 5 août 1392, Yi Sŏng-gye monte sur le trône sous le nom de Taejo. C’est le premier roi de la dynastie Yi qui portera dès l’année suivante le nom officiel de Joseon.

Le roi Yi Sŏng-gye[/fusion_text][one_half last= »no » spacing= »yes » background_color= » » background_image= » » background_repeat= »no-repeat » background_position= »left top » border_size= »0px » border_color= » » border_style= » » padding= » » class= » » id= » »][fusion_text]Ce roi, actif et autoritaire, fut à l’origine de ce que l’on peut appeler la renaissance coréenne. Il aspire tout d’abord à normaliser les relations avec la Chine des Ming. Afin que ces derniers le reconnaissent comme souverain, Taejo doit changer le nom du pays qui devient officiellement Joseon (que l’on devrait traduire par « pays du matin frais » et non « pays du matin calme« ). Il déplace la capitale à Hanyang (actuelle Séoul) afin d’assainir le climat politique. Taejo qui était un adepte du néo-confucianisme renforce le climat intellectuel antibouddhiste de l’époque. Pour assurer à l’Etat une base économique et financière, il réduit le nombre de monastères et le nombre de moines. Il confisque de nombreuses terres du clergé pour les redistribuer aux fonctionnaires. La nouvelle dynastie s’affirme comme une puissance souveraine et administrative. Elle s’appuie sur ses cinquante-cinq vassaux présents lors du conseil royal. Ils établissent un code d’administration en 1394, le Joseon Kyônggukchôn.[/fusion_text][/one_half][one_half last= »yes » spacing= »yes » background_color= » » background_image= » » background_repeat= »no-repeat » background_position= »left top » border_size= »0px » border_color= » » border_style= » » padding= » » class= » » id= » »][fusion_text]Le fils de Yi Sông-gye,Taejong, renforce l’autorité de la dynastie et proclame des réformes visant à éliminer les fonctionnaires corrompus issus de la précédente dynastie. La société est à cette époque fortement hierarchisée. La population composant la classe supérieure est appelée Yangban, comme déjà sous Goryô. Elle était composée de hauts fonctionnaires civils et militaires qui représentaient environ 10% de la population. La classe moyenne, la plus importante en nombre représente environ 50% de la population, elle était composée pour l’essentiel d’agriculteurs, de commerçants, d’artisans et d’employés. Enfin les esclaves et domestiques complétaient le reste.[/fusion_text][/one_half][fusion_text]

 

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Le règne du roi Sejong [1418~1450]

A l’abdication de son père, Sejong monte sur le trône. Il a alors 22 ans. Son règne va durer 32 ans et être le plus brillant de toute l’Histoire de Corée. C’est au cours de son règne que le régime devient une véritable monarchie absolue. C’est lui qui met en place les institutions économiques, politiques, sociales et idéologiques qui vont régir la Corée pendant des siècles. Dans le domaine de la politique extérieure, la Corée accepte son rôle de vassal de la Chine et un tribut annuel est envoyé à Pékin. Ainsi, les relations avec les Ming sont enfin normalisées et apaisées. Les relations avec le Japon se stabilisent en 1443, quelques années après l’expédition coréenne contre le repaire pirate des Wakô basé sur l’île de Tsushima.

Le néo-confucianisme de Zhu Xi devient l’idéologie nationale et la base de la justice et de l’administration du royaume. La mise en place de centres de recherche royaux comme le Jib hyeon-jeon et le Heum gyeong-gak permet le développement culturel et scientifique du pays. En 1434, le roi promulgue un décret dans lequel il demande à son administration de rechercher « les hommes de savoir et de sophistication, qu’ils soient ou non de noble naissance, afin de les encourager à apprendre à lire au peuple, même aux femmes et aux filles ». Ce décret aboutit en 1446 au Hunmin chôngûm (littéralement « Sons corrects pour l’instruction du peuple« ) qui est sans aucun doute son plus grand titre de gloire. Il s’agit d’un alphabet composé de 24 signes communément appelé aujourd’hui Hangul.
La guerre Imjin [1592~1598]

Toyotomi Hideyoshi (1536-1598) achève l’unification du Japon en 1590. Il envisage alors de porter sa puissance au-delà des mers et de faire entendre au monde sa devise « L’ordre regnera sur terre par la force militaire« . Si c’est d’abord son ambition qui le pousse à partir à la conquète de la Chine c’est bien la raison qui lui dicte d’envoyer sa puissante armée à l’étranger, lui laissant libre champs pour assoir son autorité sur l’ensemble de l’archipel Nippon. En 1587 déjà, Hideyoshi avait envoyé une première ambassade en Corée et proposé une alliance visant à conquérir l’empire du Milieu. En 1590, le roi Sonjo en est encore à se demander si la menace d’invasion est bien réele. Mal conseillé il ne juge pas nécessaire de préparer son armée. Il faut bien garder à l’esprit que la nation coréenne toute entière était organisée selon les préceptes confucianistes qui rejetaient la guerre comme l’indique la doctrine, « préparer la guerre c’est la vouloir ». Cependant un homme va devancer les évènements et prendre les décisions qui s’imposent. Le ministre Yu Song-nyong, membre de la faction Sud (Namin) fait ériger des murs de défenses autour des principales villes du pays et nomme l’amiral Yi Sun-Shin à la tête de l’armée navale. Ce faisant, les autorités militaires sont confrontées à un problème crucial. Puisqu’il était possible de s’exonerer du service militaire par l’acquitement d’une taxe, peut d’homme se retrouvait finalement au service de l’état. Faute de mieux, des milices paysannes sont entraînées et armées.

Première invasion 

Lassé des tergiversations du roi Sonjo, Hideoyoshi donne l’ordre d’attaquer la Corée. Le premier contingeant, dirigé par le commandant Konishi Yukinaga se lance à l’assaut de la ville portuaire de Busan le 23 mai 1592. L’effet de surprise et le manque de préparation forteresse tombe colonel Jeong Pal (정발) est tué d’une balle, premier gradé a tomber tout sa garnison est massacrée par les forces d’invasion. sont particulièrement bien préparéesaidées en cela par les portugais présent Jesuites portugais Gaspar Coelho qui offre son assistance.
Le 23 mai, 700 navires débarquent à Busan les troupes de Konishi. Le gouverneur de la ville qui était sorti le matin chasser au faucon voit arriver la flotte d’invasion. Tous les défenseurs meurent au combat.
Le 12 juin 1592, Konishi qui a pris de vitesse son rival Katô entre le premier dans Séoul. Les troupes de Kuroda arrivent dans la capitale le 16 juin. Elles ont suivi la route occidentale, infligeant sur leur chemin de lourdes pertes aux coréens. Si l’armée de terre coréenne faisait piètre figure, la marine de guerre, au contraire, était de premier ordre et avait la chance d’avoir un chef prestigieux : l’amiral Yi Sun-sin (1545-1598). Ce dernier avait mis au point un navire de guerre d’un type nouveau : le “bateau-tortue” (Kôbuksôn), entièrement fermé par un pont arrondi recouvert de plaques de blindage et hérissé de piquant pour éviter l’abordage.

Après une première phase de “guerre éclair” couronnée par la prise de Séoul, les choses devinrent moins faciles pour les Japonais. Une fois passé le premier moment de panique, les troupes coréennes s’étaient ressaisies, partout la résistance s’organisait.
La présence de troupes japonaises sur les rives du Yalou et du Toumen représentait une menace pour l’empire du Milieu et c’est ce qui décida les Chinois à intervenir. Hideyoshi ne semblait pas avoir prévu que la Chine réagirait vigoureusement, mais Konishi sentit le danger et essaya de négocier et obtint une trêve. Pendant ce temps, l’amiral Yi Sun-sin faisait subir à la marine japonaise revers sur revers. A l’intérieur du pays, la résistance s’organisait et de petites unités régulières se reconstituaient. En 1593, les pertes japonaises représentaient le tiers des effectifs engagés.
A l’expiration de la trêve, une puissante armée chinoise franchit le Yalou et se présenta devant Pyôngyang. Les 20 000 hommes de Konishi subirent une attaque d’au moins 50 000 Chinois. Après négociations, l’armée japonaise se retira, laissant tout de même une puissante arrière-garde concentrée autour de Busan.

Seconde invasion
Le 19 mars 1597, Hideyoshi fit débarquer à Busan un nouveau corps expéditionnaire de 100 000 hommes, ce qui portait à 150 000 hommes les forces japonaises en Corée. A l’appel des Coréens, une nouvelle armée chinoise franchit le Yalou.
La guerre aurait pu durer encore longtemps mais la mort de Hideyoshi le 18 septembre 1598 vint y mettre fin. Les Japonais n’avaient plus de raison de rester en Corée et retirèrent rapidement toutes leurs forces.
Même si le Japon n’avait pas atteint son objectif qui était la conquête de la Chine, il se tira de cette guerre sans grandes pertes et avec même des avantages. Ses soldats ramenèrent au Japon des potiers coréens qui furent à l’origine du renouveau de la céramique japonaise. Ils emportèrent dans leurs fourgons de grandes quantités d’ouvrages chinois et coréens. Le lettré Kang Hang, prisonnier des Japonais, introduisit le néo-confucianisme au Japon. Les Japonais rapportèrent également de leurs campagnes dans la péninsule la technique de l’imprimerie.

Alors que la Corée se relevait tant bien que mal des désastres de l’invasion japonaise, 25 ans à peine après cette catastrophe nationale, un nouveau fléau allait s’abattre sur le pays : les invasions mandchoues.

Les Invasions Mandchoues

Première invasion mandchoue
En 1627, une armée mandchoue franchit le Yalou. En dépit de la résistance coréenne, les Mandchous s’emparent de Séoul. Un traité est signé en 1627. La Corée accepte la suzeraineté des Mandchous. En 1632, une ambassade Mandchoue vient réclamer un lourd tribut. En 1636, déterminée à reprendre le combat contre les envahisseurs, la Corée refoule une nouvelle ambassade manchoue et lui remet une déclaration de guerre.

Deuxième invasion mandchoue
Le 4 janvier 1637, une importante armée mandchoue comprenant des contingents chinois et mongols franchit le Yalou.
Le 27 janvier 1637, l’empereur Abahai en personne arrive au quartier général des troupes mandchoues qui assiègent Namhansansông. Le roi était résolu à se défendre jusqu’au bout, mais une nouvelle vint le faire changer d’avis : les Mandchoues avaient pris Kanghwa, la Cour et toute la famille royale étaient retenues en otages. Il n’avait plus qu’une solution : se rendre.

La Corée après les invasions

La Corée ne s’est jamais relevée du double choc des invasions japonaises et mandchoue. Les rois se succèdent, mais le pays stagne, replié sur lui-même. (voir « mémoire d’une reine de Corée », par Dame Hong, épouse du prince héritier qui devait devenir le 22eme roi de la dynastie Yi).
La Corée devient le «Royaume Ermite» dont on commence à parler en Occident, mais que personne n’a encore visité à l’exception du jésuite portugais Gregorio de Cespedes qui, en 1592, accompagna les troupes japonaises en qualité d’aumônier militaire. La Corée s’isole du monde. Ordre est donné aux fonctionnaires des zones littorales de refouler tout étranger. Les terres des côtes sont volontairement laissées en friche pour donner au pays un aspect peu engageant. La Corée n’a que des relations espacées avec le Japon. C’est seulement avec son suzerain, la Chine que les échanges d’ambassades sont réguliers.

Tous les coréens étaient loin d’être résignés, soumis et passifs. Depuis l’échec patent du néo-confucianisme, beaucoup de personnes dotés de sens civique et désireuses de donner au pays une orientation nouvelle se regroupaient. Ainsi trois courants de pensées nés de la critique du néo-confucianisme et de l’esprit conservateur des Yangban apparurent : le sirhak, le tonghak et le catholicisme. Le sirhak
C’est lui qui le premier aborde les thèmes qui deviendront les constantes du sirhak : fin de l’isolationnisme et développement du commerce avec l’étranger, éloge des « troupes de la justice » qui ont su défendre la patrie. Le sirhak se développa de 1650 à 1750 avec comme figures dominantes Yu Hyông-wôn et Yi-ik. L’apogée du sirhak se situe entre 1750 et 1850. Pendant cette période, le sirhak devient le principal courant de la vie intellectuelle de l’époque. Il est une source de créativité dans tous les domaines : classiques, littérature, géographie, sciences naturelles…

Le tonghak
Le Tonghak, savoir de l’Orient, est une religion purement coréenne dont le fondateur est Ch’oe che-u (1824-1864). En 1860, il a la révélation et commence à prêcher la religion nouvelle qui lui a été communiquée. Son activité et le nombre grandissant de fidèles inquiètent les autorités. Il est arrêté en décembre 1863 et exécuté l’année suivante Cette religion est un mélange de néo-confucianisme et de taoïsme. C’est l’adoration du Ciel qui assure l’harmonie de la Nature. On y trouve également des éléments empruntés au Chamanisme.

Le catholicisme
En 1792, le pape confie officiellement l’Église de Corée au diocèse de Pékin. En 1794, un prêtre catholique chinois, le père Zhou Wen-mu s’introduit en Corée; Pour la première fois, les coréens reçoivent les sacrements. Un groupe de lettrés coréens, après en avoir étudié minutieusement les principes, décida d’adopter cette religion. Elle ne fut imposer par aucune puissance extérieure, fait assez rare pour être souligné. Ce furent effectivement les coréens qui demandèrent au diocèse de Pékin l’envoi de missionnaires. Mais l’ouverture de la Corée vers l’extérieur n’en est encore qu’ a ses premiers balbutiemments et en 1801, la faction anti-catholique de la Cour qui bénéficie de l’appuie de la reine mère déclenche les persécutions. Le catholicisme est alors considéré comme une doctrine dangereuse qui menace l’État.
En 1831, le pape décide que la Corée ne fait plus partie du diocèse de Pékin et en fait un diocèse indépendant. Les Missions étrangères de Paris se préparent à envoyer des missionaires en Corée. Le premier à s’infiltrer en Corée est le père Philibert Maubant. Malgré la clandestinité et les conditions difficiles, les conversions se poursuivent.
En 1838, l’Église de Corée compte déjà 9 000 fidèles. L’année suivante les persécutions reprennent; Trois prètres français sont décapités près de Séoul. L’arrivée en 1846 de trois navires français exigeant des comptes au roi après l’exécution des prètres français symbolise l’irruption des puissances étrangères en Corée.
La culture de la dynastie des Yi

Malgré toutes les épreuves internes et les invasions étrangères, la dynastie des Yi se distingue par une culture très riche, aussi bien dans le domaine de la littérature que dans celui des beaux-arts. C’est au cours de cette époque que s’affirme le genre poétique apparu à la fin de Goryeo : le Sijo. Une autre caractèristique importante de la littérature de la dynastie des Yi est l’apparition de romans écrits en langue coréenne. Le premier d’entre eux est le Hong Kilttong chôn dont l’auteur est Hô Kyun (1569-1618). C’est avec Kim Man-jung (1637-1672) que le roman coréen classique arrive à son zénith.
Kim est l’auteur de deux chefs-d’oeuvre : Le rêve des neuf nuages (Ku unmong) et Le récit du voyage de Dame Sa (sassi namjông ki). Ecrire un roman était un moyen plus efficace et surtout moins dangereux qu’un mémoire adressé au roi qui, s’il provoquait l’ire du souverain, pouvait provoquer la destitution et le bannissement de son auteur. C’est ainsi qu’est anonyme l’auteur du roman que les coréens considèrent non seulement comme le plus grand roman classique mais aussi comme le plus grand de toute leur littérature : L’histoire de Ch’unhyang (Ch’unhyang chôn). Ch’unhyang chôn et d’autres romans célèbres ont donné naissance à un théâtre populaire nommé Pansori (récit chanté). C’est une sorte d’opéra à deux personnages, le kwangdae qui est le récitant et son accompagnateur qui rythme le récit en frappant sur un tambour en l’encourageant de la voix.

Les beaux-arts sont essentiellement représentés par la peinture. La dynastie des Yi se caractèrise par une école réaliste qui nous a laissé des portraits de lettrés célèbres ou d’hommes d’État et des paysages d’une grande beauté comme ceux peints par Kim Tûk-sin (1754-1822) et Chông Sôn (1676-1759). Alors que certaines peintures chinoises sont presque de l’art abstrait, avec seulement des fragments de paysages émergeant de nuages ou de nappes de brouillard, la peinture coréenne est solidement ancrée dans la réalité. Un autre style remarquable à cette période est la peinture de genre, surtout représentée par Kim Honh-do (1760-?) et Sin Yun-bok (1758-?).

La dynastie des Yi ne nous a pas laissé des céramiques aussi splendides que les céladons de Goryeo dont le secret de fabrication s’est perdu. Elle est essentiellement caractérisée par la céramique blanche plus sobre et plus utilitaire : plats, pots, cruches…
Si l’architecture de Goryeo était essentiellement religieuse, celle de la dynastie des Yi est une architecture civile. Elle est pour l’essentiel concentrée sur Séoul avec les palais royaux de Tôksu, Ch’anggyông, Changdok et le «jardin secret». De style typiquement chinois, elle n’a pas la grandeur des palais impériaux de Pékin ou de Kyoto, mais c’est peut-être son caractère plus humain qui nous la rend plus proche.

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Les Religions des trois Royaumes

Le Bouddhisme
Goguryeo fut le premier des Trois Royaumes à adopter le bouddhisme en 372, introduit par le moine Sundo des Qin (Ts’in). Il apporte des images de bouddha, des livres sacrés et des bonzes. Trois ans plus tard le temple Chomun-sa est construit. En 387, le bouddhisme pénètre par Goguryeo dans Baekje par le biais du moine Malananda. Silla ne l’adopte qu’en 535, presque deux cents ans après Goguryeo et Baekje. A l’époque des Trois Royaumes, le bouddhisme se vit confier très rapidement le rôle de protecteur de la nation; il contribua également à répandre l’usage de l’écriture, ce qui constitua un élément supplémentaire d’unité nationale et donc a rapprocher les royaumes les uns des autres. C’est à cette période que remonte les premiers écrits en Corée.
Le Confucianisme

Le Confucianisme, fondé au VIe siècle av. J.-C. par Confucius, est introduit au début de l’ère chrétienne bien qu’aucune date précise ne puisse être donnée. A Goguryeo, l’université d’Etat Taehak-Gam est créée en 372 tandis que des académies privées (appelées Kyongdang) apparaissent en province. On y inculque à la jeunesse aristocratique les classiques du confucianisme, la littérature chinoise, la médecine et les arts martiaux (le Subak). Le peuple coréen a été séduit par le confucianisme, religion plus noble, plus riche et structurée que leur animisme primitif. Il permis aux classes dirigeantes d’améliorer la morale populaire et par là le respect du pouvoir.

 

Croyances et Chamanisme

Avant le bouddhisme et le confucianisme existait en Corée une religion où plutôt une croyance populaire diffuse apparentée au chamanisme. Selon cette croyance, l’univers est rempli d’esprits. Tous ces esprits sont sous la dépendance d’un esprit créateur du monde nommé Haneunim, le seigneur Céleste. Seuls les principaux esprits se distingues des autres par un nom ou un rang.

En accord avec cette idée, les Trois Royaumes enterraient leurs morts avec des plumes d’oiseau pour qu’ils puissent s’envoler vers le paradis. La représentation d’animaux totémiques (ours, tigre comme le rappel la légende de Tangun) était courante.

Chaque village avait ses esprits protecteurs. Ceux-ci sont généralement deux poteaux de bois ou de pierre dont l’extrémité supérieure a été sculptée en forme de visage grimaçant. Ils sont censés protéger les voyageurs et repousser les maladies et autres mauvais esprits. Les maisons elles-mêmes ont leurs esprits bienfaiteurs. On peut cité le plus important, Syang Iyang Sin – maîtresse poutre du toit – dont dépend le bonheur de la maison. Il se présente sous la forme d’un morceau de papier comportant 3 go de riz. Il existe d’autres esprits comme le “Maître des fondations”, “l’Esprit gardien de la porte”…

Si les villages regorgent d’esprits, les bois, les montagnes et la nature dans sa globalité ne sont pas en reste. La vie est ainsi remplie de signes favorables ou périlleux, de croyances ou de superstitions. Les Tokebi sont les esprits des trépassés, noyés, qui sont redoutables.

Il n’existe plus aujourd’hui de culte organisé mais les chamanes jouaient un rôle important et ce jusqu’à l’avènement de la dernière dynastie Joeson. On notera simplement que l’influence de ces croyances perdure et on trouve aujourd’hui encore des devins exorciseurs (Paksu ou Hoarang-i), auquel on prête le pouvoir de commander aux esprits.

La Confédération de Gaya

De cette période, l’histoire retient communément les royaumes de Goguryeo (고구려), Baekje (백제) et Silla (신라). De récentes découvertes archéologiques permettent pourtant aujourd’hui d’avancer que d’autres Etats ont joué un rôle influent dans le développement de la péninsule. C’est ainsi que le rôle de Gaya a été réévalué.

Gaya, une confédération de cités-états
La ligue de Gaya est une confédération de cités-états établie il y a plus de deux mille ans dans l’extrême sud de la péninsule, sur la rive ouest du fleuve Nakdong. L’actuelle ville de Gimhae en fût la capitale. Entourée par les royaumes de Baekje à l’ouest et Silla à l’Est. Gaya était une société avancée et les découvertes archéologiques démontrent son dynamisme culturel et commercial. Vous pouvez approfondir ce sujet en lisant l’article consacré à la visite du site de Bokcheon à Busan où jadis se trouvait la cité-état Geumhwan Gaya (43-532 ap. J.C.)

Prospérité, liens commerciaux et déclin
Pour des raisons politiques et stratégiques, Gaya ne pouvait pas nouer de liens commerciaux avec ses deux plus proches voisins. Elle du se tourner vers les commanderies chinoises de Nangnang et Daifang à l’est et au nord avec les tribus des Ye. Des découvertes récentes permettent d’établir également l’existence d’un commerce avec le Japon, comme l’indique la présence a la fois en Corée et au Japon de dagues à la forme déviée et des miroirs d’imitations japonais.

La prospérité maritime de Gaya attestée dans un livre chinois, le Sanquo-chi (histoires des trois royaumes) s’explique par le développement de la production de fer, considérée comme la plus importante ressource naturelle et commerciale de Gaya lui permis de devenir puissante. Certains objets en fer déformés avec des motifs en spiral sont les plus anciens découverts dans la péninsule.

La dévaluation du fer et la baisse des commandes passées par ses voisins furent les facteurs aggravants de la chute de la confédération qui disparaît en 562.

Silla unifié

C’est ainsi, après l’unification de la péninsule en 672 par Munmu – le trentième roi de Silla -, le royaume de Silla connut un siècle de prospérité sans équivalent.
Administration du territoire

Après l’unification, Silla voulut établir sa capitale à Daegu, mais cela ne s’avéra pas réalisable. Même si Kyongju qui avait dû rester la capitale, se trouvait reléguée à une extrémité de la péninsule, c’était là que le pouvoir royal avait sa base, ses racines. Pour compenser cette excentricité géographique de la capitale, on créa en 685, en même temps que les neuf provinces, cinq capitales secondaires. Elles assuraient en quelque sorte le relais du pouvoir central dans les provinces. On y envoyait des nobles de la capitale pour y créer des centres régionaux de culture et surtout contrôler les potentats locaux. Ces fonctionnaires dépendaient du Premier ministre.

L’annexion de Baekje et d’une partie de Goguryeo avait considérablement accru le territoire de Silla. Ce royaume avait reçu 760 000 foyers de Baekje et 690 000 de Goguryeo. La capitale compta selon certaines sources jusqu’à 1 million d’habitants. L’administration d’un territoire aussi vaste et d’une population aussi importante n’allait pas sans poser de nombreux problèmes.
L’Etat distribua aux nobles une grande partie des terres conquises et des prisonniers de guerre qui avaient été transformés en esclaves. Réorganisation des institutions

— Règlement instaure les ministères sont confiés aux hommes possédant un titre de noblesse remontant au cinquième rang hierarchique afin d’empêcher les puissantes familles n’étant pas de sang royal de prendre la direction du pays. > stabilité recherchée.

Le roi Munmu autorise les autorités des territoires conquis à exercer diverses fonctions publiques dans le cadre de certaines restrictions afin de favoriser leur assimilation. La conciliation avec les deux états conquis est prudente. Le roi donne sa soeur en mariage au plus haut dignitaire de l’ancienne Goguryeo, le prince Ansûng.

Une fois les Coréens redevenus maîtres chez eux et que les Chinois eurent compris qu’il serait illusoire de vouloir transformer la péninsule en colonie, les relations entre le royaume de Silla et la dynastie des Tang furent au beau fixe. Ces relations avaient pour base la reconnaissance par Silla de la suzeraineté de la Chine. Pour marquer sa déférence, Silla envoie régulièrement des ambassades à la cour impériale de Chine de 697 jusqu’au Xe siècle. Les relations entre les deux pays peuvent être qualifiée de cordiales. C’est dans ce cadre qu’une ambassade apporta de Chine en 828, les graines de l’arbuste à thé qui permirent de généraliser sa cultivation. Silla entretient avec le Japon des relations amicales malgré les attaques à répétition des pirates japonais le long des côtes de la péninsule.

L’élite de Silla avait une demande croissante de produits de luxe. Ces derniers furent d’abord massivement importés de l’étranger, puis on se mit à les fabriquer sur place. Bientôt ces produits (cuirs, poterie, argenterie, orfèverie…) acquirent une réputation internationale. A l’époque des Tang, on appelait Silla les vases d’or et d’argent que la Corée exportait vers la Chine.

Le développement du pays s’appuie sur la classe paysanne. Déjà fortement taxés, les paysans sont également assujetis à la corvée. Elle est éxigée des paysans, soit pour accroître la production agricole, soit pour défende le pays ou effectuer des travaux d’intérêt public (construction de ponts, de muraille de protection, agrandir les digues d’irrigation. La difficle condition paysanne amenna ceux-ci a se soulever contre l’autorité de nombreuses fois comme celle de 896 qui contraint la reine Chinsông (887-897) a abdiquer. Culture du Silla unifié

La brillante civilisation des Tang excerça une influence prépondérante sur la culture de Silla. Certains spécialistes s’accordent à dire que la culture de Silla n’est en fait qu’une variété coréenne de la culture chinoise des Tang.

Silla adopta après l’unification le confucianisme comme idéologie nationale dans le but d’affermir le pouvoir royal. C’est une innovation par rapport à l’époque des Tois Royaumes.
Construit en 528 et agrandit en 751, le temple de Pulguksa est sans conteste le joyau de la culture de Silla. Dans la cour se trouvent deux pagodes en pierre, l’une de structure complexe appelée Tabot’ap (Pagode des Joyaux), l’autre de structure simple, Sôkkat’ap (Pagode de Sakyamouni). Complémentaires l’une de l’autre, elles symbolisent la contemplation et le détachement du monde du bouddhisme.
Tout près du temple se trouve Sokkuram un ermitage troglodyte, construit en 751 par le Premier ministre Kim Tae-sông. C’est la seule grotte bouddhique existant en Corée.

Dans les faubourgs de la capitale Kyôngju, se dresse la pagode de Punhwangsa, construite au milieu du VIIème siècle. C’est la pagode de Silla dont la datation est la plus ancienne. La base est percée de quatre ouvertures rectangulaires flanquées de statues de féroces gardiens. Aux quatre coins de la plate-forme se trouvent quatre lions en pierre. Une autre curiosité de cette pagode est qu’elle est construite en pierre, mais ces pierres sont taillées de façon à ressembler à des briques. C’est une pagode à trois étages bien que ses proportions laissent supposer qu’elle en avait neuf à l’origine.
Au centre de la ville, se dresse l’observatoire astronomique de Ch’ômsôngdae. Edifié avant l’unification, du temps de la reine Sôndôk (632-647), c’est l’édifice non religieux le plus vieux de Corée. Les spécialistes pensent que sa forme et son emplacement indiquent qu’il avait été construit non pas pour des observations du ciel mais pour symboliser le savoir scientifique de Silla.

Les Hyangga sont les premiers documents connus nous éclairant sur la littérature coréenne. L’écriture Hyangchal (littéralement « écriture du terroire » en opposition à l’écriture chinoise) serait apparue vers le Ve siècle. Au le VIe siècle apparaissent les premiers textes en Hyangchal, utilisant des valeurs sémantique et phonétique des caractères chinois pour transcrire la langue parlée. Cette écriture donne naissance au Hyangga (« Hyang » signifiant terroir et « Ga » le chant), poêmes lyriques composés de deux ou cinq lignes. Les chants à deux lignes évoquent généralement des souvenirs historiques et des légendes chamaniques tandis que les chants à cinq lignes, forme plus sophistiquée, ont été composé par des maîtres bouddhiste enseignant dans les Hwarangdo. Quelques uns de ces poêmes seulement nous sont parvenus. On pense que les hyangga ont influencé la poésie japonaise ancienne, en particulier le shirageuta.

 

Le déclin d’une dynastie millénaire

Les cent cinquante années de luttes intestines pour le pouvoir entrainèrent le lent déclin de Silla. Des vingt-trois rois qui régnèrent pendant cette dernière période (780-935), neuf seulement décédèrent apparament de mort naturelle. Le royaume de Silla est tombé principalement par des causes internes. C’est à partir de Hôndôk (809-826) que la décadence commence. Celui-ci monta sur le trône en mettant à mort son neveu. Les luttes pour le pouvoir et les révoltes paysannes qui suivirent apauvrir le pays.

Parmis les nombreuses révoltes paysannes qui émaillèrent le IXe siècle, celle de 891 fut décisive. Soigneusement préparée par une coalition de chefs de bandes de paysans, cette nouvelle rebellion eu pour incidence de précipiter la chûte de l’autorité Silla. Gyung Ye, à la tête de centaines de cavaliers attaqua une dizaine de villages et s’empara d’une trentaine de fortins à travers le pays. Il s’installa finalement en 898 dans la ville de Kaesông et profite d’un rapport de force qui lui est favorable pour fonder trois ans plus tard l’Etat de Majin. Il est assassiné en 918 et c’est finalement Wang Kôn (877-943), un lieutenant à qui il avait confié la gestion de plusieurs districts qui fonde la nouvelle dynastie de Goryeo, nom donné en référence au royaume de Goguryeo.

Kyôngsun (927-935) sera le 56e et dernier roi de Silla. En effet, en 935, le roi de Silla voyant la faiblesse de son royaume et l’impossibilité de le restaurer sans nuire à son bienfaiteur Wang Kon (roi de Goryeo, dynastie fondée en 918) se décida à abdiquer. La dynastie de Silla avait durée près de X siècle.

La domination mongole

La puissance mongole a pris naissance dans les steppes du nord et s’est étendue à la Mandchourie puis à la Chine toute entière où l’empire Djurtchet des Jin, miné par les guerres civiles, était sur le déclin. Les Jin qui subissent la pression des Mongols envoient des émissaires à Goryeo pour demander une aide en riz et en chevaux. Entre-temps, les restes d’une armée Khitans, fuyant devant les troupes mongoles pénètrent dans le nord de la péninsule et établissent leur quartier général à Pyongyang malgré une mobilisation extraordinaire des coréens (mêmes les moines prirent les armes). Ces derniers parvinrent cependant à repousser les envahisseurs. En 1215, les Mongols réduisent les 50 000 Kithans encore réfugiés à Goryeo. Se prenant alors pour les bienfaiteurs, les Mongols envoient un émissaire à la cour du royaume de Goryeo pour demander le tribut.
Soumission de Goryeo

En 1217, les Mongols soumettent les Khitans. 90 000 Khitans qui représentaient le reste de l’armée vaincue passent le Yalou et ravagent les marches septentrionales de Goryeo. Elles sont repoussées près de la capitale Kaegyông par le général Kim Ch’wi-ro vers la Mandchourie.
En 1218, des troupes mongoles et djurtchet pénètrent dans le territoire de Goryeo à la poursuite de Khitans. Le royaume coréen s’allie aux Mongols et aux Djurtchets et les Khitans sont rapidement battus. La présence sur son sol d’importantes troupes mongoles oblige Goryeo à faire allégeance aux Mongols.

Les relations diplomatiques entre ces derniers et la Corée sont rompus au cours de l’année 1219, lorsqu’un émissaire mongol est tué dans la région du Yalou alors qu’il ramenai le tribut de Goryeo. Deux ans plus tard, une ambassade conduite par Temuge Otcigin, le frère de Gengis Khan, arrive à Kaegyông et exige une augmentation du tribut. Les Coréens se rendent compte qu’une invasion est désormais inévitable. Les incursions des hordes mongoles dans la péninsule avaient commencé à l’époque de Ogödaï, le succeseur de Gengis Khan. Sous le règne de Gengis Khan, la Corée fournissait déjà un tribut mais elle n’avait jamais été menacé directement.
La première invasion [1231]

Cette date correspond à la dix-huitième année de règne du roi Kojong; Ce sera aussi le début d’une guerre de trente ans entre Mongols et Coréens. Ogodai Khan, successeur de Gengis Khan, envoie un corps expéditionnaire puissant commandé par Sartaq.
Les troupes mongoles, renforcées par des contingents de Djurtchet, franchissent le fleuve Taedong et, gràce à une attaque nocturne, s’emparent de P’yôngju. Toute la population est massacrée, y compris les animaux. La capitale Gaegyông est menacée, la campagne environnante est ravagée. Un traité de paix est rapidement signé et la même année, les Mongols se retirent en laissant le pays sous le contrôle d’un résident appuyé par soixante-douze garnisons. Le roi de Corée envoie un émissaire dans la capitale mongole et, pour la première fois, salue l’empereur mongol comme suzerain.

Malgré des actes d’héroïsme isolés, comme la défense de la forteresse de Kuju par le général Pak Sô, la résistance de l’armée coréenne a toujours manqué de cohésion. Devant la menace mongole, la cour se réfugie dans l’île de Ganghwa. Les Mongols considérerent cette fuite comme un acte de rébellion.
La deuxième invasion [1232]

L’empereur en apprenant la fuite du roi envoie une expédition punitive. Les villes du nord sont ravagées mais dès les premiers jours de l’invasion, le prince Sartaq, commandant des troupes mongoles, est tué d’une flèche tirée par le moine Kim Yun-hu. Privés de leur chef, les Mongols rebroussent chemin.
La troisième invasion [1235]

En 1235, le général Tangut et son armée franchissent le fleuve Han, le territoire de la péninsule est progressivement occupé. Le roi de Corée, totalement dépassé par les événements, tente de conjurer le sort en faisant des sacrifices aux cours d’eau et aux montagnes. Les Mongols établissent des garnisons jusque dans le sud de la péninsule et ravagent le pays.
La quatrième invasion [1254]

Cette nouvelle invasion a lieu au cours de la quarante et unième année du règne du roi Kojong. Elle est dirigée par Djarlatai. Malgré les exigences mongoles, le roi de Corée s’obstine à demeurer sur l’île de Ganghwa. Cette invasion fut la plus destructrice de toutes. Les Mongols emmenèrent avec eux deux cents mille captifs et les cadavres furent trop nombreux pour être comptés. L’envahisseur utilisa la tactique de la terre brûlée et des villages entiers furent rayés de la carte. C’est aussi pendant cette invasion que périrent des trésors nationaux tels que la pagode en bois à neuf étages du temple de Hwangnyongsa à Gyongju et la Tripitaka gravée sur des planches de bois et qui était conservée au temple de Puinsa près de Daegu.
L’occupation mongole

Le roi Kojong décède en 1259. Le 21 avril de cette même année, le prince Chon prend sa succéssion sur le trône de Goryeo sous le nom de Wonjong. Le Prince Sim qui avait assuré la régence en Corée pendant le voyage de son père en Mongolie devint prince héritier. Ainsi les trente dernières années de la vie du roi Kojong n’avaient été rien d’autre que l’histoire de la dévastation de la Corée par les Mongols.

En 1262, un édit notifie à la Corée ce qu’elle doit envoyer à la cour mongole. Les Mongols nomment un résident, installent des gouverneurs et des garnisons dans les provinces, créent leur propre réseau de routes et leur propre système de courriers. Toute l’administration de Goryeo est sous leur contrôle. C’est pendant la domination mongole que furent introduits en Corée le coton et la poudre. C’est à cette même époque que l’Europe et en particulier la France apprennent l’existence d’un royaume situé aux fins fonds de l’Orient et qui n’est autre que la Corée, connue d’abord sous le nom de Solangi.

Wonjong consolide son pouvoir à la cour et revient sur le trône après une tentative de coup d’état. Choe Tan avait conçu en effet le projet de céder à l’empire mongol tous les territoires au nord de la Corée tombées sous son contrôle.

La cour coréenne est toujours réfugiée sur l’îlot Ganghwa ce qui insuporte les mongols qui tiennent à ce qu’elle soit transférée dans les terres. Le 23 mai, Wonjong ordonne à toute la population de Ganghwa de réintégrer l’ancienne capitale. En réponse à cet édit, le corps d’élite de Sambyolcho se rebelle et interdit à quiconque de partir. Après la poursuite du corps d’élite par l’armée régulière, la cour royale de Corée réintègre enfin la péninsule, mais au prix imprévu de nombreuses victimes. Une partie des insurgés de Sambyolcho réfugiés sur l’île de Jin sera anéantie l’année suivante tandis que d’autres prendront le contrôle de l’île de Jeju.
En janvier 1263, la capitale Gaegyong s’emplit de soldats mongols. La moindre habitation est alors occupée par les troupes mongoles fraichement arrivées ou déjà en stationnement. La capitale est de fait sous occupation mongole. Un édit de Kubilai informe la colonisation des terres coréennes par les soldats mongols. En 1270, le territoire situé au nord du fleuve Taedong est transformé en colonie mongole.
Ambassades mongoles vers le Japon

Après de multiples et vaines tentatives, de nouveaux émissaires sont envoyés au Japon afin de porter la parole de Kubilaï. Furieux de l’échec essuyé par ses émissaires envoyés au Japon deux ans plutôt, il envoie en 1268 une nouvelle mission. Les émissaires du Khan sont porteurs d’une lettre où il est écrit entre autres : « La puissance mongole est bien disposée à votre égard et désire avoir avec vous des relations amicales. Elle ne souhaite pas votre soumission, mais, si vous acceptez sa protection, le Grand Empire mongol couvrira le monde« .

Toujours sans réponse du Japon, l’empire Mongol envoie une dernière ambassade conduite par Tchao Leang-pi qui quitte Gaegyong en 1271. A l’image des précédents voyages, celui de Tchai Leang-pi fut considéré comme un échec. La Mongolie avait conquis les quatre cinquièmes de l’ancien empire des Song, et depuis le 15 novembre de l’année précédente, l’Empire du Milieu portait le titre de Grand Empire Yuan. Kubilai, empereur fondateur de la dynastie Yuan, ne pouvait plus longtemps supporter que ses ambassades se voient refuser un accueil officiel au Japon.

Pouvant être pris comme une préparation à l’invasion du Japon, l’armée mongole envoie dix mille hommes sur l’île de Jeju afin d’éradiquer les rebels de Sambyolcho. La forteresse de Jeju tombe en avril 1273 et Kim Tongjong, le leader des rebelles, n’a d’autre alternative que le suicide. L’ Empire Mongol annexe par la même occasion ce nouveau territoire comme l’indique la nommination d’un commissaire à la pacification de Jeju. L’île devient alors un immense haras pour leurs élevages de cheveaux.
Première tentative d’invasion du Japon

Hong Tagu, natif de Corée et conseiller officiel de Kubilai ordonne le recrutement de trente mille ouvriers coréens. Le désir toujours plus pressant de Kubilaï de conquérir le Japon oblige le peuple coréen aux plus grands sacrifices. Le rythme de construction des bâteaux, ajouté aux privations pour nourrir l’armée mongole, affecte lourdement la péninsule. Alors que le pays est saigné à vif, Wonjong meurent à l’âge de quarante-six ans, après quinze années de règne sur Goryeo. Le prince Sim allait désormais gouverner sous le nom de Chungnyeol.

Les armées coréeenes et Yuan se regroupent autour de Happo, le port à partir duquel la flotte partira vers le Japon. Sous le commandement de Sintou, les 25 000 hommes répartis sur neuf cents vaisseaux construits par les coréens embarquent en octobre 1274. La première journée voit la victoire mongole et le soir les troupes se replient dans les navires. Une violente tempête s’abbat sur la flotte pendant la nuit. Deux cents navires coulent et treize mille hommes périssent noyés. Ceci marque l’échec de l’invasion. Les Japonais attribuèrent à cette tempête providentielle le nom de Kamikaze, vent divin envoyé par les dieux pour protéger le pays. Pour répondre a cette invasion manquée, il est intéressant de noter qu’un projet d’invasion de la Corée avait été envisagé.

En 1275, la fille de Kubilaï accède au titre de reine de Goryeo après avoir épousé Chungnyeol. Cette alliance n’aura pas tous les effets escomptés par la cour coréenne. La pression mongole ne se relachera que sporadiquement. Les mariages mixtes dans une plus large mesure renforcèrent les liens entre les cours mongole et coréenne, mais n’empêchèrent pas là encore le peuple coréen de souffrir cruellement de la vassalité de son pays. En 1279, le costume mongol est adopté par tous les fonctionnaires. La même année, toute la famille royale se rend en visite à Pékin. C’est l’apogée de la domination mongole sur la Corée.
Second échec et fin de la menace mongole

L’armée de Kubilaï parvient à éliminer les dernières poches de résistance en Chine et la dynastie Song disparait. Au lendemain de cette victoire historique, l’empereur Yuan ordonne la construction de neuf cents navires de guerre pour l’expédition contre le Japon. Le 4 janvier 1281, les généraux Hong Tagu, Sintou, le général chinois Fan Wen-hou et Alahan, qui avait été nommé ministre de Droite du secrétariat à l’expédition japonaise, reçurent l’ordre d’entamer les hostilités. Une flotte de trois mille cinq cents navires avec cent mille hommes à leur bord part de la Chine du Sud tandis qu’une autre flotte de neuf cents navires transportant quarante mille hommes quitte Happo en Corée. Début juin, les deux flottes font leur jonction devant l’île de Shiga. Un second typhon détruit la flotte mongole et plus d’un tier des soldats périssent noyés. Les troupes mongoles qui étaient restées à terre sur l’île de Kyûshû ou sur l’île de Tsushima furent massacrées ou réduites à la captivité. Ce nouvel échec marque la fin de la menace mongole.

A partir de cette époque, Yuan et Goryeo prirent des mesures défensives contre d’éventuelles attaques de représailles de la part des Japonais. En avril 1281, quatre cents soldats Yuan arrivent en Corée afin de protèger la capitale. Cette mesure était nécessaire car à la suite de l’expédition japonaise, Goryeo manquait en effet cruellement de soldats au point de devoir solliciter de l’empire ce maigre effectif. En septembre, Yuan augmenta les forces défensives basées sur l’île de Jeju. Par la suite, le projet de conquête du Japon apparut de nouveau épisodiquement dans les délibérations de la cour Yuan mais les discussions restèrent stériles.

En 1294, l’empereur Kubilai meurt et le sujet d’invasion du Japon ne fut plus désormais abordé. Le royaume de Goryeo mit longtemps à se remettre de cette seconde affliction. Les dernières années de règne de Chungnyeol furent marquées par le malheur. Les révoltes internes de Yuan eurent également des répercussions sur son pays qui fut envahi par une armée rebelle mongole, et la capitale dut une fois de plus être transférée sur l’îlot Ganghwa. Une discorde éclata entre le roi Chungnyeol et son fils le prince héritier Chungseon, qui fit assassiner plusieurs dizaines de vassaux favoris du roi et tenta d’usurper la couronne. Le roi Chungnyeol mourut à son tour en 1308 à l’âge de 73 ans.