L’ecole des champions #1 – Lego Academy

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LE SYSTEME EDUCATIF COREEN ET LES HAGWON (학원)

En France, les reportages sur le système éducatif coréen se multiplient depuis quelques temps. Comment ce petit pays a réussit en quelques décennies à s’extraire de l’extrême pauvreté pour s’imposer comme un des moteurs de l’économie mondiale ? Outre les décisions politiques prises dans les années 60-70, le système éducatif est évidement aujourd’hui la clé du succès. En Corée, il faut savoir que les enfants sont élevés dès leur plus jeune âge dans l’objectif de décrocher le diplôme d’une des trois meilleures universités du pays, promesse d’un avenir radieux. Évidemment les places étant limités, la compétition commence tôt.
Pour être le meilleur, l’école ne suffit pas et l’immense majorité des enfants pratiquent des activités extra-scolaires qui leur permettent de développer leur potentiel. Ces activités représentent un marché économique considérable ici et il existe quantité de Hagwon (학원), des structures éducatives privées à destination des enfants.

Je vie en Corée et j’ai deux petits loulous qui vont désormais à l’école. J’aimerai vous apporter un éclairage de l’intérieur avec une série d’articles sur les activités destinées aux enfants. C’est aussi une façon pour vous, parents, de voir ce qui se fait ailleurs et de piocher les bonnes idées. C’est ainsi que procèdent les coréens : ils sont très curieux, prennent ce qui leur semble être le meilleur pour leurs enfants et ne s’imposent aucune limite.

LES JEUX DE CONSTRUCTION ET LE ROI LEGO
Dans ce premier article on va se pencher sur une activité très populaire ici : les jeux de construction. La Corée est à la pointe en ce qui concerne l’éveil et le développement des enfants, les Lego font évidemment partis de la recette du succès. Les Lego sont extrêmement populaires en Corée, c’est la marque de jouet la plus vendue. De nombreuses écoles ont ouvert partout dans le pays et chaque quartier à sa petite adresse. Mais tout d’abord, pourquoi les Lego ?

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Selon les études (dont sont férus les coréens), les Lego permettent aux enfants de développer certaines de leur capacités intellectuelles et de mieux maîtriser l’espace qui les entoure. Les études ont démontré un lien indiscutable entre le jeu de blocs et cette précoce maîtrise de l’espace. Des tests menés dans une école maternelle située aux USA ont montré des gains indiscutables en habilité, mathématiques et compréhension de l’espace. Une autre étude a mis en évidence la relation entre ces jeux de constructions pendant l’enfance et les résultats en mathématiques au lycée. Interrogés lors d’une étude, un nombre important d’ingénieurs disent avoir choisit leur métier en partie en raison de ces jeux de construction. L’ensemble de ces études et bien d’autres encore tendent à démontrer qu’un enfant jouant à des jeux de construction semble avoir de bons atouts pour réussir ses études et sa vie professionnelle.
Ces petits blocs n’auraient donc que des avantages pour le développement intellectuel de l’enfant. Ils constituent à l’évidence une bonne introduction à la transmission des idées par des objets physiques. Et copier des modèles permet à l’enfant de s’approprier une réalité ; comme on dit, « on apprend en faisant ».

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COMMENT CA MARCHE?
L’EXEMPLE DU RAGWON JOYBLOCK

Après cette longue partie destinée à expliquer les bienfaits des jeux de blocs passons à la présentation d’un lieu d’accueil. J’ai pris en exemple un lieu d’accueil récemment ouvert : Joy Block (il s’agit en fait d’une franchise). Hormis la disposition de l’espace d’accueil et quelques éléments de décoration tous ces lieux se ressemblent plus ou moins. Selon la taille il y aura 1 où plusieurs adultes pour accueillir les enfants de 2 à 14 ans. Les parents peuvent rester avec leurs enfants où les laisser jouer seuls, sous bonne garde. Le lieu est ouvert de 10h du matin a 19h le soir, l’enfant peut donc s’y rendre a toute heure de la journee ainsi que le week-end.

Après s’être déchaussé et s’être lavé les mains au petit lavabo, les choses sérieuses commencent. Pendant la session qui dure 1h minimum, les enfants ont un vaste choix selon leur âge : Duplo, Friends, Bionicle, NinjaGo, Starwars, Hero Factory et City. Tout se fait simplement, l’enfant choisit en regardant les boites exposées ou bien sur une tablette tactile. Il s’installe ensuite à une des petites tables basses de la classe et le jeu de construction peut commencer. Tout est bien pensé pour mettre les enfants à l’aise et les placer dans les meilleures dispositions pour jouer. De la musique classique ou d’ambiance est diffusée pour détendre les enfants. Les tables disposent de petits rebords pour ne pas faire tomber les pièces, une fontaine d’eau est à disposition pour qui à soif.

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Les enfants sont très calmes, parfois ils discutent entre eux mais le plus claire du temps ils sont très concentrés sur ce qu’ils font. Une fois le Lego monté, ils le regardent et le montre aux autres avant de le démontrer scrupuleusement et le rendre. Si certaines constructions ne sont pas terminées, il est possible de la conserver en l’état et de reprendre une autre fois. Le maître mettra alors le nom de l’enfant sur une étiquette.
Concernant le coût de cette Ragwon, l’heure est a 6.000 wons (environ 6 euros), la semaine a 55.000 wons ou en illimitée pendant un mois a 70.000 (70 euros).

Dans un prochain article j’aimerai vous présenter une nouvelle activité, plus cérébrale, qui se pratique en groupe : Order (오르다).

Ida au pays du matin calme

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Vedette de la télévision en Corée du Sud depuis 1995, Ida Daussy est pratiquement inconnue des français. Comme bon nombre d’occidentaux, elle est invitée sur les plateaux TV pour satisfaire la curiosité des téléspectateurs coréens. Parmi ces étrangers, Ida Daussy est probablement celle qui a le mieux réussit et la plus connue, la grande majorité des coréens la connaissent. Elle anime plusieurs émissions hebdomadaires sur les plus grandes chaînes nationales, écrits des billets pour des quotidiens nationaux et anime des conférences dans le pays.

RESUME DU LIVRE
Ida Daussy, vedette de la Tv en Corée, nous décrit son parcourt depuis la fac du Havre, son coup de foudre pour la Corée lors de son stage à Busan. J’étais « contaminée » par un virus pour le moins inconnu et tout le monde me prit pour une idéaliste surmenée. Sa maîtrise de commerce option « Commerce avec l’Asie » en poche elle débarque à 22 ans comme lectrice de français à l’Institut de langues étrangères de l’université Yonsei à Séoul. Tout va ensuite très vite. Elle rencontre son futur mari, l’épouse un an plus tard et fait ses débuts à la Tv. Les spectateurs coréens sont piqués de curiosité. Qui est cette jeune femme toujours souriante qui bafouille un début de coréen? Amusés ils en redemandent et peu à peu Ida Daussy devient une figure familière du petit écran appréciées de tous.
L’auteur nous raconte ainsi son ascension fulgurante et plus globalement sa vie en Corée. Elle dresse un portrait attachant de son pays d’adoption, en soulignant ses différences et ses particularités.

MON AVIS
L’auteur partage son expérience en Corée où elle est devenue une véritable vedette du petit écran. A travers ces pages, elle dresse un portrait sociétal du pays en filigrane, avec évidement le confucianisme qui régie les relations entre individus de la même façon depuis des siècles. Son récit est saupoudré d’humour et de bons mots. On sent un caractère bien déterminé, farouchement indépendant.
Avec sa sensibilité et son expérience, elle expose son ressentie toujours juste, elle a saisie la mentalité coréenne et parvient à nous faire partager de façon très agréable. Voilà un témoignage précieux et plein de vérité.

Cet ouvrage qui s’avale d’une traite offre les clés pour comprendre la Corée et les coréens. Il s’adresse aussi bien aux lecteurs qui souhaitent découvrir ce pays de l’intérieur comme à ceux qui portent un intérêt à son auteur. Elle souligne toutes les particularités du pays sans jamais porter de jugement. Tout y passe ou presque : de la cérémonie du mariage aux relations houleuses entre belle-fille et belle-mère, la maternité et l’éducation des enfants, la cuisine, les sorties le soir entre collègues, etc. Elle souligne aussi « l’invraisemblable mais bien réelle gentillesse des habitants du pays du Matin Calme« . Leur sensibilité, leur caractère exalté aussi bien dans la tristesse que dans la joie. Le pays du Matin Calme semble en perpétuelle évolution, toujours en construction. Gommant peu à peu ses imperfections il est résolument tourné vers l’avant et l’avenir ne l’effraie vraiment pas.

IDA DAUSSY, SON SUCCES EN COREE
Elle explique son succès à la TV coréenne en partie à cause du contexte : Je suis arrivée juste au moment où la Corée était disposée à observer une étrangère vivant chez eux. Avant, la Corée avait bien d’autres chats à fouetter. Parmi les autres aspects : être mariée à un coréen et son caractère enthousiaste.

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[/two_fifth][three_fifth last= »yes » spacing= »yes » background_color= » » background_image= » » background_repeat= »no-repeat » background_position= »left top » border_size= »0px » border_color= » » border_style= » » padding= » » class= » » id= » »]Ida au pays du matin calme
Auteur : Ida Daussy
Editeur : Jean-Claude Lattès
Année : 2006
Genre : Société
Langue : Français
310 pages [/three_fifth]

Ils sont fous ces coréens !

[fusion_text]RESUME DU LIVRE
Éric Surdej règle ses comptes avec le puissant groupe d’électronique LG dont il fut directeur général de sa filiale française de 2002 à 2012. Il dresse un portrait peu flatteur des méthodes de management du géant coréen et çà commence dès le premier jour où il assiste par bureaux interposés à une discussion houleuse entre le président et un cadre supérieur (tous deux coréens) qui se termine par le lancé d’un épais registre à la tête de l’un deux. Au fil des pages il nous décrit une organisation ultra hiérarchisée, des méthodes de travail exténuantes, un culte du résultat à outrance qui vaut pour tous les salariés. Ce système exige une dévotion pleine et entière à l’entreprise. Lui qui a travaillé auparavant pour les plus grandes entreprises d’électronique du monde comme Philips, Sony et Toshiba pensait avoir tout vu. Il s’était lourdement trompé.

MON AVIS
Ils sont fous ces coreens !‘ est avant tout un regard critique porté sur les méthodes de management du géant LG Electronics. Eric Surdej possède une grande expérience du management et son parcours auprès des plus grandes firmes du secteur est un exemple. Au début des années 2000 il quitte Toshiba alors en pleine restructuration pour cette entreprise bien plus novatrice et dynamique. Ses collègues japonais avaient pourtant tenté de l’en dissuader. Je cite l’auteur : les Japonais n’avaient aucune estime pour les Coréens, mais je ne m’attendais pas à entendre des propos aussi durs […] l’esprit si étroitement militaire, des brutes, des paysans sans finesse, des obsédés du contrôle, et de surcroît méprisants envers la civilisation japonaise.

Le livre fourmille d’anecdotes sur les difficultés qu’il a rencontrées pendant ces 10 ans à la tête de la filiale française. Si les premières années sont grisantes avec le développement de l’activité et le formidable succès rencontré par les produits de la firme, la suite s’avère plus difficile à gérer.

On apprend énormément de chose sur le mode de fonctionnement d’un grand groupe coréen, tout où presque y passe : séminaires, réunions, relations délétères entre coréens et français, allégeance à l’entreprise, contrôle des employés… Les horaires de travail sont un exemple représentatif de la vie en entreprise; à LG Electronics une journée type d’un cadre se présente ainsi : arrivée à 8h, repas de 12h à 12h40. Une seconde pause à 18h pour un nouveau repas à la cantine. Puis encore 3 ou 4h de travail avant la fin de la journée. Il n’y a pas où très peu de communication entre les employés et rien de sa vie personnelle ne doit filtrer.

Au fil des pages l’auteur nous entraîne dans un univers toujours plus implacable et il insiste sur la pression que subissent constamment les employés, cadres et directeurs : ‘dans une entreprise coréenne, et quelle que soit votre place, vous n’êtes jamais à la hauteur de ce que la hiérarchie attend de vous‘.

Le témoignage d’Eric Surdej est intéressant à plus d’un titre. Sa haute fonction lui permet de tout connaître de son entreprise et donne crédit à ce qu’il écrit. Son expérience à Sony et Toshiba lui permet de faire des comparaisons entre les entreprises japonaises et coréennes. Cependant je trouve sa démarche intellectuellement malhonnête. Avec ce livre il vise avant tout à attaquer le modèle coréen de façon abrupte, sans vraie nuance. Le fait d’avoir été démis de ses fonctions brutalement y est-il pour quelque chose? Il a le droit de nous faire part de son expérience mais la critique ne va que dans un sens et est sans équivoque, à l’image du titre qu’il a choisi pour son livre : ‘Ils sont fous ces coréens !‘.

Jamais il n’essaie de comprendre pourquoi LG comme Samsung, Hyundai, Daewoo et tant d’autres groupes coréens fonctionnent de cette façon et surtout pourquoi les employés coréens adhèrent globalement à ce modèle. Il ne cite pas une seule fois le confucianisme, véritable socle identitaire du pays qui régie la société depuis plus de 500 ans. Il ne parle jamais non plus d’argent. Si les employés de ces groupes prestigieux sont à leur consacrer tant, c’est que la contrepartie financière est vraiment très intéressante.

Enfin, il faut garder à l’esprit qu’il s’agit de la vision d’un occidental qui a travaillé dans la filiale de LG en France et non en Corée. De mon point de vue, son témoignage est intéressant mais il méconnait la Corée et vise avec ce livre avant tout le sensationnalisme et çà marche puisqu’il est invité sur les plateaux Tv et que la polémique enfle en Corée du Sud. L’auteur avoue lui-même qu’il ne connait guère la Corée : ‘Je connais finalement peu la Corée après avoir passé huit ans dans une de ses plus grosses firmes et m’être rendu pas moins de soixante-cinq fois au pays du Matin calme‘.

Quelques citations

“Seule compte la culture permanente du fait et du résultat : c’est ce à quoi se résume la conduite modèle d’une entreprise coréenne.”

“Son existence [du salarié coréen] est vouée à l’entreprise, en dehors de laquelle aucune forme d’épanouissement personnel n’est envisageable.”

“Cette soumission des épouses est d’autant plus surprenante pour un Occidental qu’elles possèdent souvent des diplômes d’études supérieures. Mais elles ont accepté ce rôle une fois pour toutes, parce que tel est le sens de leur vie : permettre au mari de poursuivre unec arrière exempte de soucis domestique.”

“En matière de production comme de management et de marketing, une entreprise coréenne est donc le royaume des faits et du concret ; l’humain et la dimension affective n’y occupent aucune place. Les buts que chacun doit atteindre sont clairement définis, les systèmes de contrôle efficaces, et la machine avance pour atteindre des objectifs chiffrés, et rien d’autre.”

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Dix ans chez les forcenés de l’efficacité

Auteur : Eric Surdej
Editeur : Calmann-Lévy
Année : 2015
Genre : Société
Langue : Français
176 pages [/three_fifth]

Monsieur Han

[fusion_text]Présentation du livre
Récit terrifiant de la vie d’un médecin pendant la guerre de Corée, Monsieur Han est une œuvre charnière dans la littérature coréenne contemporaine. À travers les tribulations de son personnage, Hwang Sok-Yong dresse le portrait cruel d’un univers brutalement soumis à une division entre le Nord et le Sud, en pleine tourmente idéologique, entre soumission et trahison, mensonge et dérobade, lucidité parfois cynique et pur idéalisme. D’où la pathétique beauté de son personnage, un candide pris malgré lui dans l’engrenage de l’histoire.[/fusion_text]

 

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Couverture de Monsieur Han
Couverture de Monsieur Han

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Auteur : Hwang Sok-Yong
Editeur : Zulma
Année : 2010
Genre : Roman
Langue : Français
152 pages [/three_fifth]

La Route de Sampo

[fusion_text]Présentation du recueil de nouvelles
Ce recueil regroupe quatre nouvelles de Hwang Sok-Yong, toutes écrites au début des années 70. Le style narratif familier sinon cru des récits privilégie la description objective. Pour rappel, l’auteur est déjà auréolé du succès de Monsieur Han (1970) qui conte ses souvenirs d’une vie brisée par la division du pays.

Herbes folles – 1973
Un homme se souvient de son enfance auprès de Tægum, la jeune fille qui s’occupait de lui. Ce récit autobiographique prend place à l’aube de la guerre de Corée, dans un quartier ouvrier en prise aux répressions policières et aux luttes fratricides. Leur relation ne resistera pas aux évènements dramatiques…

Extrait :

"Taegum, dans le couloir, attendait la fin de la classe. Elle s’était maquillée et portait un tailleur de ma mère avec des chaussettes roses. Elle était, à mes yeux, beaucoup plus jolie que ma maîtresse. Elle avait trouvé une autre place et allait bientôt nous quitter. Quand nous sommes sortis, il y avait là le grand frère du boiteux. C’était quelqu’un que je n’aimais pas, je le craignais sans trop savoir pourquoi. Il s’est approché de nous, il avait l’air encore plus sombre que d’habitude. Quand ils m’ont pris la main, chacun d’un côté, j’ai tenté de me réfugier dans les jupes de Taegum, mais lui a serré ma main en m’adressant un sourire. Il m’a ensuite soulevé d’un coup pour m’éviter de patauger dans un flaque. Il disait à Taegum qu’il voulait quitter la maison; elle, elle le suppliait de n’en rien faire. En voyant Taegum au bord des larmes, sans vraiment comprendre ce qui se passait, je sentais monter en moi de la haine pour cet homme."


Oeil de biche – 1972
Oeil de biche nous compte l’histoire assez peu connue du mal-être de ces soldats coréens partis se battre au Vietnam.
De retour par bateau du Vietnam, un lieutenant neurasthénique compte profiter malgré son faible état de sa première soirée en Corée pour sortir en ville. Au fil des rencontres et des verres d’alcool ingurgités, sa lucidité s’évanouit et ses démons l’envahissent…

Extrait:

"Occupé à retirer avec mes baguettes un insecte qui flottait à la surface de mon verre, je ne prêtais qu’une oreille distraite à ce que racontait mon compagnon. Il parlait de son village natal, de ses hauts faits, de tel général qui s’était ni plus ni moins approprié un magasin militaire, du marché noir, des incendies qui dévoraient les herbes et les arbres, de tous ces pauvres gens là-bas, d’une lettre annonçant qu’un ami était tombé, et de bien d’autres choses… Je ne l’entendais que par intermittence, l’alcool me montait à la tête; d’abord, je me suis presque senti bien, mais un flot d’amertume et de honte s’est progressivement emparé de moi et m’a totalement submergé."


Les ambitions d’un champion de Ssireum – 1974
Un champion de lutte traditionnelle monte en ville en quête de gloire. Rapidement confronté à la réalité, il déchante et doit accepter toute sorte de petits boulots allant jusqu’à vendre son corps. La perte de repère et la mutation éffreinée de la société coréenne sont au coeur de ce récit.

Extrait:

"Tout excité et tremblant, je me suis déshabillé tandis qu’elle arrangeait notre nid. Lorsqu’elle m’a vu devant elle nu comme un ver, elle m’a chuchoté – elle voulait sûrement faire taire sa timidité, se montrer un peu audacieuse :
– J’ai fait un bon choix…
-Ma foi voui, je crois que vous avez de la chance.
Quand elle s’est relevée, elle m’a tendu une enveloppe. Moi j’étais resté couché sur l’herbe, toujours aussi nu. Je fumais une cigarette.
– Je vais à la source. Ne sortez pas tout de suite. On se revoit demain matin ?
"


La route de Sampo – 1973
Cette nouvelle, l’une des plus populaires de l’auteur, témoigne du bouleversement de l’industrialisation à outrance du pays. L’écriture témoigne d’une esthétique réaliste et le ton adopté privilégie la description objective. Deux paysans, qui se sont fait ouvriers journaliers sur les chantiers, se lient d’amitié. Ensemble ils parcourent les chemins de campagne enneigés en direction de l’île de Sampo…

Extrait:

"Du côté du bois, quelqu’un approchait à travers champs. Le soleil commençait à monter dans le ciel. Dans les endroits que n’atteignaient pas ses rayons, à la lisière du bois ou du versant nord des collines, le sol restait dur et craquait sous les pas, tandis que dans les parties exposées, la terre rouge déjà ramollissait. L’homme avançait dans le chemin boueux. A chaque pas, il laissait derrière lui une petite motte de terre ocre qui se détachait de ses brodequins. Yongdal était resté planté au milieu de la route, cigarette aux lèvres."

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Couverture du livre La route de Sampo
Couverture du livre La route de Sampo

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Auteur : Hwang Sok-Yong
Editeur : Zulma
Année : 2002
Genre : Roman
Langue : Français
141 pages [/three_fifth]