Silla 신라

Le royaume de Silla a été fondé en 57 av. J.C. dans la plaine de Kyŏngju située dans le sud est de la péninsule par Bak Hyeokgeose. Silla est le dernier des 3 royaumes à apparaître. La légende raconte ainsi l’histoire de sa création :

« Sortit d’un oeuf, Hyeokgeose est à l’âge de 10 ans choisit pour roi par les chefs des 6 tribus dans la région de Kyŏngju. Sa femme est fille de dragon. La vertu de ces deux personnages fut si grande que ni les chinois ni les japonais n’osèrent les attaquer »

L’état tribal de Saro

Le royaume de Silla trouve ses origines voilà près de 3 000 ans. Vers -700 av.J.C., des immigrés venus du nord forment dans la plaine de Kyŏngju six tribus unifiées. A la fin du IIe siècle av.J.C., les villes se réunissent sous une même bannière et forment l’Etat de Saro, le premier nom donné à Silla. Il compte alors environ 15 000 habitants répartis dans six cités de 2 500 habitants chacune. A cette période, d’importantes vagues d’immigration viennent peuplée la région.

Bak Hyeokgeose originaire du clan des Kûmyang devient le premier le premier souverain de Saro en 57 av. J.C. après avoir unifié les tribus de la plaine de Kyŏngju. Cette date spécifiée dans le Samguk Sagi semble inexacte et situe la création du royaume de Silla avant ses deux rivaux alors que tout indique qu’il ai été le dernier a apparaître. A cette période, Saro établit des liens commerciaux avec la commanderie chinoise de Nangnang située dans le nord de la péninsule. Ces relations lui permettent d’accélérer son essor. Au IIe siècle, des vagues successives d’immigrants fuyant les guerres plus au nord trouvent refuge auprès de cet Etat situé aux confins de la péninsule. Cet afflux massif de population modifie profondément Saro tant sur le plan politique que culturel.

Développement et expansion du Royaume de Silla

Sous l’impulsion du clan Sŏk, l’Etat tribal se transforme progressivement et devient pendant le règne du roi Naemul (356–402) du clan Kim une véritable monarchie héréditaire. Il est le premier souverain à porter le titre de Maripgan (마립간), l’autorité suprême de Saro. Il met en place un système politique efficace lui permettant de développer la puissance de son royaume sur le plan économique, politique, militaire et diplomatique. En 377 il formalise les relations avec ses voisins par l’envoie d’émissaires en Chine et à Goguryeo (également orthographié Goguryŏ). Le prince Silseong lui succède mais il est renversé en 417 par Nulji avec le soutien de Goguryeo. Depuis que Silla a reconnu la suzeraineté de Goguryeo au milieu du IIIe, les relations qu’il entretient avec son puissant voisin du nord sont pacifiques. Goguryŏ lui porte même assistance en 399 pour débouter les envahisseurs japonais. Mais les politiques expansionnistes menées par ces deux royaumes vont générer inévitablement des conflits d’intérêt. Silla s’affranchit de l’autorité de son puissant voisin du nord en 424 et conclut une alliance militaire avec Baekje en 433 pour contrer la menace Goguryŏ.

Le roi Beopheung (514-540) s’empare en 532 de Bon Gaya (본가야), puissante région de la ligue de Gaya, située dans le bassin de la rivière Nakdong. Il contrŏle ainsi l’ensemble du sud est de la péninsule. Son successeur et neveu, le roi Inheung (540-576) poursuit l’expansion territoriale du royaume. En 551, il associe son armée à celle de Baekje pour envahir les vastes régions du nord occupées par Goguryeo alors en prise à de graves troubles internes. D’immenses territoires sont pris à l’ennemi et notamment le bassin du fleuve Han, une position stratégique capitale. Alors que les deux royaumes avaient convenu d’un partage équitable, Silla se retourne contre son allié et s’empare de l’ensemble des territoires nouvellement conquit. Ce volte-face met fin à une alliance qui aura durée pas moins de 120 ans. Ces conquêtes lui ouvrent enfin la possibilité de développer un commerce direct avec la Chine. Silla continue son expansion cette fois-ci vers l’ouest et en 562, le général Yi Sabu (이사부) s’empare de Dae Gaya (대가야) qui avait joué un rôle majeur dans le développement de la ligue de Gaya grâce à sa haute maîtrise du fer. Gaya qui a longtemps dominé son rival Silla est finalement absorbé.

Dans un dernier sursaut d’orgueil, Baekje reprendre à Silla une partie de ses territoires ainsi que la ville Taeyasŏng (actuelle Hapch’ŏn) en 642. La frontière qui sépare les deux royaumes se stabilise le long du fleuve Naktong. N’ayant pu rallierGoguryŏ à sa cause, Silla se tourne vers la Chine des Tang pour évincer ses ennemis. La dynastie Tang qui malgré tous ses efforts ne parvient toujours pas à faire tomber Goguryŏ accepte cette alliance. Elle lui permettrait enfin d’éliminer ce gênant voisin et pourquoi pas de prendre par la suite le contrôle totale de la péninsule. En 660 l’empereur chinois Gaozong et les troupes de Silla lancent conjointement un assaut contre Baekje. Après la prise de Sabi, la capitale du royaume, le roi Uija capitule le 16 juillet. Il faudra encore trois années de luttes pour éliminer toutes les poches de résistance. Après la chute des villes Hansan et finalement Imjonsŏng, le territoire de Baekje est placé sous contrôle de cinq administrateurs chinois.

Après cette première grande victoire, les alliés se réorganisent en vue d’affronter Goguryŏ. Le règne totalitaire du roi Yŏn ‘ Gaesomun a affaiblit l’esprit de résistance et d’unité des sujets du royaume. A la mort du tyran en 666, les luttes de successions affaiblissent encore un peu plus Goguryŏ. La Chine et Silla en profitent pour lancer une vaste offensive qui durera près de deux ans. La résistance héroïque du peuple Goguriote ne parviendra pas à empêcher la chute de Pyongyang en 668. La capitale du royaume est mise à sac et totalement détruite. Expulsion des troupes Tang

Après la chute des royaumes de Baekje et Goguryŏ, la Chine met en place à Pyongyang un protectorat dans le but de coloniser l’ensemble du territoire coréen, Silla comprit. Ainsi l’allié d’hier était placé de facto sous domination chinoise. Sa réaction ne se fit pas attendre. Le roi de Silla offrit à la résistance de Goguryŏ tout son soutient dans le but d’expulser les chinois hors de Corée. Ensemble ils reprennent le contrôle des anciens territoires de Baekje aux chinois avant de lancer leurs troupes vers le nord. En 676, après une série de bataille dans le bassin du fleuve Han, les forces de Silla réussirent à chasser les troupes Tang. Elles se replient plus au nord en Mandchourie et quittent ainsi définitivement la péninsule. Pour la première fois, la péninsule était unifiée sous un seul royaume mais la perte de territoire au nord en était le prix a payer. La société Silla

Le système des Os, un système original pour gérer le Royaume de Silla

La civilisation de Silla doit son spectaculaire développement à l’efficacité de son organisation influencée par la Chine particulièrement au VIe et VIIe siècle. La principale spécificité de Silla était certainement l’organisation de sa société par un ordre rigide appelé « système des os » (골품제도) probablement introduit sous le règne du roi Beopheung (514-540). Ce système, comparable aux castes, hiérarchise l’ordre aristocratique et l’accès aux plus hautes fonctions. Le système des os régissait également la vie quotidienne. De l’appartenance à tel ou tel rang dépendait non seulement le statut officiel mais aussi les droits de mariage, la couleur de vêtement, la dimension du logement, les objets qu’il était possible d’avoir…

L’expansion du territoire obligea le royaume à mettre en place un système rigoureux pour gouverner les terres. Il se traduit entre autres par l’envoi d’inspecteurs chargés de surveiller l’état de l’administration. Par ailleurs, le gouvernement central fut doté de dix ministères : affaires d’état, défense, impôts et corvées, rites, accueil des hôtes étrangers, remontrance contre les fonctionnaires, travaux publics, service du personnel et, justice. La circulation de voyageurs et de marchandises est facilitée par des réseaux routiers organisés dès le IIe siècle. En 487, Silla dispose de relais tout le long de ses voies de communication. Ceci permis l’ouverture d’un marché central dans la capitale. Le trafic maritime fut lui aussi l’une des priorités de Silla. Art et culture

La culture de Silla

La culture de Silla est d’abord influencée par Baekje et Goguryeo par qui il reçoit le bouddhisme. L’État soutint le bouddhisme qui devint religion d’Etat en 528. De nombreux moines furent envoyés en Chine et enseignèrent à leur retour la culture et les coutumes chinoises, des doctrines bouddhistes à l’architecture. De nombreux temples furent construit, dont les plus fameux sont ceux de Hwang-nyongsa, Bulguksa et Sokkuram. Bien que la plupart de ces constructions aient aujourd’hui disparut, il reste encore aujourd’hui les fondations du temple de Hwang-nyongsa, le plus grand temple élevé dans la région après 16 ans de travaux (553-569). Notons également l’une des constructions les plus intrigante et parfaitement conservée , la tour astronomique de Chomsongdae, la plus ancienne d’Asie , construite avec 362 pierres, pour les 362 jours de l’année lunaire.

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